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Kavanagh, rock star au pays des humoristes

C'est le Québécois Anthony Kavanagh qui a ouvert mardi soir le Festival Morges-sous-Rire, avec deux spectacles joués pratiquement à la suite. A Morges aussi, le charme Kavanagh fonctionne.

C’est le Festival du Rire de Montreux qui l’a révélé au public européen. L’Olympia à Paris (98), puis ses nombreuses prestations télévisuelles lui ont valu une ascension fulgurante. A tel point que le spectacle prévu à Morges étant complet, il a fallu le dédoubler pour satisfaire le public romand.

Longue silhouette habillée de noir, les dreadlocks en folie, le regard perçant, Kavanagh est beau comme un dieu africain. Mais un dieu qui aurait de l’humour, et qui connaîtrait toutes les ficelles du métier pour faire démarrer son public au quart de tour. Son metteur en scène, un certain Pascal Légitimus, n’est sans doute pas étranger à l’affaire.

S’adressant à des Suisses, il évoque l’argent, les douaniers, et la Migros. Sachant que le public féminin ne lui est pas insensible, c’est un euphémisme, il joue inlassablement de son charme, tout en osant reprocher à la gent féminine son absence de sens de l’autodérision.

Kavanagh se veut «entertainer», à l’américaine. Il interpelle le public, joue avec lui, et déroule en véritable bête de scène le catalogue de ses possibilités: imitateur, bruiteur, mime, danseur, et humoriste, bien sûr, même si parfois les sketches lorgnent plus du côté de l’efficacité immédiate que de la finesse artistique.

Mais Kavanagh est avant tout un chanteur, et on a de plus en plus l’impression que l’univers de l’humour n’est pour lui qu’un tremplin. Son spectacle est d’ailleurs composé de deux parties: après le comique, c’est le fou de musique qui se déchaîne, en alignant les perles soul: «Soul Man», «Sex Machine», «Papa Was A Rolling Stone», «Unchain My Heart». La voix est incroyablement maîtrisée, et ce minirécital se conclut sur un «Georgia On My Mind» ravageur.

Alors qu’une vidéo du spectacle actuel paraîtra en novembre, Kavanagh a déjà en tête les étapes suivantes: «Le prochain spectacle, ce sera l’inverse de celui-ci. Il y aura 80 pour cent de musique et 20 pour cent d’humour. Et puis il y aura un album. Cela fait des années que je veux chanter, j’ai trente ans, c’est le moment de le faire. J’aime toucher à tout, et j’aime recommencer à zéro. J’aime cette instabilité et cette incertitude, qui m’obligent à travailler deux fois plus fort».

Après «Patriiiiiiick», gageons que dans deux ans, un cri toujours aussi strident que féminin envahira les salles de francophonie, voire plus si entente: «Anthonyyyyyyy!»

Bernard Léchot

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