La belle conteuse
Helena Noguerra, estampillée 'Brasil', était de passage à Paléo, sous le «Dôme». Ce jour-là, dans le cadre d'une programmation aussi féminine qu'exotico-électronique.
Susheela Raman, née à Londres de parents tamouls, fait se mêler programmations électroniques et mélopées orientales. Lila Downs, mexicaine à la voix grave, joue du chassé-croisé entre hip-hop, jazz, et cultures amérindiennes.
Helena (désormais sans nom de famille), sœur cadette de Lio faut-il le rappeler, après un parcours aussi étonnant que tortueux, tente d’allier ambiances bossa nova à un soft jazz sensuel. C’est en tout cas la voie qu’elle a empruntée à l’occasion de son dernier album, «Azul», réalisé avec la complicité de son compagnon, le chanteur Philippe Katerine.
World?
Le dôme, haut-lieu des musiques lointaines – ‘world’, dit-on – à Paléo… Helena y est-elle sensible? «Moi je chante où on me demande de chanter… S’il y a un contrat, j’y vais. J’aime chanter. Si cela avait été un simple café, ça aurait été bien aussi.»
Oui. Bon. Mais enfin, Helena vient de publier un album à la dominante franchement exotique. Le contexte ‘world’ ne la touche pas plus que ça? «Non. Ce sont des définitions données par d’autres. En faisant cet album, je ne pensais à aucune catégorie, à aucun public particulier. Je fais, et après ce sont les autres qui délimitent, qui mettent dans une boîte». Dont acte.
Helena mannequin. Helena animatrice de télévision. Helena romancière. Helena chanteuse. L’image publique de la dame, au charme assez ‘bouleversifiant’, osons le dire, est pour le moins confuse… Ce parcours bizarroïde, est-ce une succession de choix ou le fait du hasard? «Le seul hasard, répond-elle, c’est la télévision. Un moyen que j’ai trouvé pour gagner ma vie, mais j’aurais pu être serveuse dans une boîte de nuit, ça aurait été la même chose.»
Point de vue très différent sur ses autres activités: «Le reste, par contre, c’est la même histoire: raconter des choses sur des supports différents, que ce soit l’écriture, la musique ou la comédie».
Culture et impudeur
«Azul» (label Tricatel), enregistré «à l’ancienne», c’est-à-dire en prise directe et en quatre jours, c’est donc pour elle, simplement, une nouvelle façon de raconter des histoires. Des histoires qu’elle chaloupe en français, et, c’est nouveau, en portugais.
Mais pas le portugais de ses origines: «Le fado, ce sont en général des chansons qui parlent d’abandon, de femmes qui restent au port… Alors que la bossa nova, c’est très lié à l’amour. J’aimais bien cet aspect culturel du genre. Et puis il y avait cette idée de pouvoir être impudique à l’égard du public français: raconter des choses assez intimes, dans une autre langue».
Lio a, paraît-il, beaucoup apprécié «Azul». Au point d’en faire la promotion. A quand un duo Helena-Lio? «Pas tout de suite. Je ne me sens pas prête. Dans toute fratrie, le cadet a de la peine par rapport à l’aîné. Et quand l’aîné est brillant, c’est difficile, il faut y aller! Donc je prends mon temps. Quand je me sentirai suffisamment forte pour l’affronter, je l’affronterai en duel».
Et nous qui parlions simplement de duo…
swissinfo/Bernard Léchot à Nyon
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