La coopération suisse veut changer l’image de l’Afrique
La DDC a présenté vendredi au Paléo festival de Nyon une compilation de musiciens africains opérée par ses soins. Cette initiative entre dans le cadre d'une campagne de communication visant à redorer l'image de l'Afrique.
«L’Afrique n’est pas qu’un continent en guerre frappé par la famine et le Sida. Elle connaît également de nombreux développements positifs», a lancé vendredi Harry Sivec, chef de la communication à la Direction du développement et de la coopération (DDC), non loin du chapiteau consacré aux musiques du monde que la DDC sponsorise pour la première fois au Paléo.
Forte de ce constat, la coopération suisse a donc décidé de sensibiliser tout au long de l’année les Helvètes à ces réalités méconnues. Sa campagne de communication baptisée «L’autre Afrique» est relayée par un site internet (africanow.ch). La DDC veut marteler le message suivant: «L’Afrique vibre au son de la musique des villes modernes, des forces démocratiques s’y font jour et revendiquent leurs droits, l’immense majorité des gens se nourrit sans l’aide de qui que se soit et façonne elle-même son avenir».
Pour illustrer son message, la coopération suisse a monté en début d’année à Berne une exposition de plasticiens africains intitulée «South meet West». A Paléo, la DDC a donc présenté le deuxième coup de sa campagne: un CD de 17 titres de musiciens d’une dizaine de pays déclinent les multiples facettes de l’Afrique urbaine d’aujourd’hui. Des stars comme Youssou Ndour côtoient des artistes comme Cheikh Lô du Sénégal, Sally Nyolo du Cameroun (en concert à Paléo mardi dernier) ou Wanamah de la Sierra Leone.
L’album sera dans les bacs des disquaires à la fin août. Les recettes attendues devraient être investies dans la protection des droits d’auteur dans le continent noir. L’absence ou l’inefficacité des agences consacrées à cette question est en effet patent. Le piratage et la corruption mine donc l’émergence d’un marché africain du disque.
Ce n’est d’ailleurs pas le moindre paradoxe de la conférence de presse organisée par la DDC à Paléo et dévolue aux aspects positifs de l’Afrique que d’avoir été presque totalement consacrée à ces problèmes de droits d’auteurs et de l’incurie qu’ils révèlent.
L’autre paradoxe de cette conférence de presse est de voir l’agence de développement helvétique chanter les vertus d’une Afrique urbaine, alors que ses programmes d’action continuent de privilégier le monde rural.
Frédéric Burnand
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.