La NZZ sort le dimanche
Avec NZZ am Sonntag, la Neue Zürcher Zeitung s'attaque au marché occupé jusqu'ici par le SonntagsBlick et la SonntagsZeitung. Premier tirage ce dimanche.
Le dimanche ne sera désormais plus tout à fait comme avant. Depuis 15 ans, les lecteurs alémaniques se divisaient ce jour-là en deux groupes: les fidèles du SonntagsBlick et ceux de la SonntagsZeitung. C’est fini, puisqu’une troisième publication a fait son entrée ce dimanche: la NZZ am Sonntag.
Ce nouveau quotidien-hebdomadaire se décline en huit cahiers. Avec l’actualité du week-end, mais aussi des reportages, des analyses, des commentaires. Même s’il vise le créneau de l’information «sérieuse», il se veut beaucoup moins austère que sa grande sœur de tous les jours, la Neue Zürcher Zeitung.
De la place pour trois en Suisse alémanique
NZZ am Sonntag vise dans un premier temps un tirage d’au moins 150 000 exemplaires. Il faut dire qu’elle peut compter, au départ, sur les lecteurs de l’édition quotidienne de la NZZ. Ses abonnés recevront en effet gratuitement le nouveau journal du dimanche, jusqu’à la fin de l’année.
Mais y a t-il, ce jour-là, de la place pour trois en Suisse alémanique? Le marché est-il élastique? Et qui souffrira le plus de la nouvelle concurrence, le SonntagsBlick (335 000 exemplaires) ou la SonntagsZeitung (220 000 exemplaires)? Oui, il y a une place à prendre pour la NZZ am Sonntag.
C’est en tous cas la conviction de son rédacteur en chef, Felix E. Müller. «Beaucoup de gens recherchent un journal plus sérieux que les deux qui existent déjà. D’autre part, la comparaison avec la Romandie montre que le marché y est plus grand qu’en Suisse alémanique, d’environ 10%.» La NZZ compte donc sur cette marge de progression.
Encore faut-il qu’elle offre un produit qui se distingue. Pour Felix E. Müller, le profil est clair: «un journal de qualité, dans la tradition de la NZZ. Cela veut dire pas de boulevard, mais avant tout des informations sérieuses.» Mais le dimanche, dans la presse, c’est aussi le jour du scoop, des exclusivités dont on parle toute la semaine.
Le SonntagsBlick pourrait aussi perdre des plumes
«Nous allons certainement aussi faire cela, explique encore le rédacteur en chef du nouveau journal. Mais nous n’allons pas faire des scoops à tout prix. C’est la différence principale entre la SonntagsZeitung et la NZZ am Sonntag. On ne peut pas faire tous les dimanches un scoop!»
A priori, c’est donc plutôt sur les plates-bandes de Tamedia, l’éditeur de la SonntagsZeitung, que la NZZ devrait aller marcher. Mais, pour Roger Blum, professeur de science de la communication à l’Université de Berne, le SonntagsBlick, édité par Ringier et dont la tonalité est plus boulevard, pourrait aussi perdre des plumes.
«Ces deux journaux ne sont plus aussi différents qu’auparavant. Le SonntagsBlick a lui aussi des textes très sérieux, des commentaires, des enquêtes.» La bataille risque donc d’être rude. Et Roger Blum de conclure: «ce sont les trois publications qui vont connaître à l’avenir des haut et des bas».
swissinfo/Pierre Gobet, Zurich
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