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Le cabaret Paléo

Pierre Perret, avec simplicité, a réussi à transformer l’immense terrain de l’Asse en un cabaret intimiste. swissinfo.ch

Transformer un terrain sur lequel se tiennent une vingtaine de milliers de personnes en «boîte à chanson», le pari était risqué. Victoire aux points pour Véronique Sanson, et par K.O. pour Pierre Perret.

«C’est très impressionnant d’être devant vous», attaque Véronique Sanson samedi soir, sur le coup de 21 h 30. Elle se lance alors courageusement dans un récital en solitaire, récital que le public va suivre avec attention, mais sans y adhérer aussi complètement que la blonde Véronique le souhaiterait: «J’ai l’impression de chanter pour vous comme si j’étais dans mon salon… bienvenue à la maison!», dit-elle sans qu’on la croie vraiment.

Sanson puise dans une trentaine d’années de répertoire. Sélection de luxe, de «Besoin de personne» à «Sans regrets» en passant par quelques voyages magnifiques, «Vancouver», «Bahia». Néanmoins, le contact ne passe pas complètement, et sa manie de forcer systématiquement sa voix finit par irriter. Un moment de grâce, toutefois, en guise de conclusion à son spectacle: sa reprise de «Saint-Lazare», d’Aristide Bruant.

Un peu plus tôt dans la soirée, c’est Pierre Perret qui occupait la grande scène. Pierre Perret… Nombreux sont ceux qui en lisant son nom sur le programme, ont esquissé un sourire aussi dubitatif qu’ironique. Et pourtant, la sauce a pris. Mieux que cela: Pierre Perret, avec facilité, simplicité, a réellement réussi à transformer l’immense terrain de l’Asse en un cabaret sympathique et intimiste.

«J’essaie autant que faire se peut de ne pas tronquer ma nature. Parce que je suis naturellement simple, j’aurais mauvaise grâce à me comporter autrement. Donc j’essaie d’être comme je suis en coulisse ou avec des amis, voilà», m’explique-t-il après le concert.

Mais son naturel n’explique que partiellement son succès. Car il y a aussi, c’est une évidence, mais on l’oublie parfois, la qualité de ses chansons. Au-delà des hymnes grivois («Le zizi», «La Corinne»), il y a dans l’œuvre de Pierre Perret quelque chose qui ressemble à une vigoureuse peinture sociale: que l’on songe à «Lili» bien sûr, mais aussi au fameux «Tord-boyaux», et pourquoi pas à ces fameuses «Colonies de vacances», aussi drôles que terrifiantes. Sans parler de ce sommet de douloureuse tendresse qu’est «Mon petit loup».

Perret le rigolo est aussi un écorché vif. Perret le tout doux est aussi un rebelle. Avec cinquante balais de moins, il ferait sans doute du rap. Mais avec humour. Ce qui nous changerait un peu.

Bernard Léchot

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