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Le jour de l’Afghanistan à Locarno

Le dernier jour du festival approche. Dimanche soir seront remis les fameux «Léopards». Mais auparavant, le public aura pu vivre un «Afghan day». Contraste saisissant.

Fête joyeuse du 7e Art ou misère cinématographique dans la caillasse orientale? Vous avez des préférences? Dimanche, le Festival de Locarno prendra le pari de vivre l’une et de s’intéresser à l’autre. Champagne et kalachnikov.

La démarche peut surprendre à l’heure ou la manifestation, fière de son accession à cette fameuse «catégorie A» des festivals, prend des allures de star et ajoute la dimension «people» à celle des cinéphiles et du grand public.

Alors quoi, hypocrisie et bonne conscience tiers-mondiste? Sans doute pas. Car malgré l’évolution du festival, ce n’est pas spécialement les strass et les paillettes qui attirent prioritairement le public de Locarno, dont la curiosité intellectuelle reste prioritaire.

Les rencontres du «Forum» en témoignent. Comme par exemple le débat organisé lundi dernier autour d’un film suisse vieux de 20 ans, «La barque est pleine» de Markus Imhoof.

Voir se rassembler un public aussi large qu’attentif autour d’une table ronde d’intellectuels traitant de la politique en matière de réfugiés, la chose ne se verrait peut-être pas dans n’importe quel festival.

Le cinéma afghan a existé

Dimanche matin, une autre table ronde rassemblera un large panel de personnalités. Représentants du gouvernement afghan, réalisateurs, journalistes, ainsi que le directeur de la Cinémathèque de Kaboul. Qu’en reste-t-il aujourd’hui? Il sera intéressant de l’apprendre…

Parallèlement, et tout le long de la journée, le public pourra suivre une quinzaine de films afghans (ou évoquant l’Afghanistan). Des films récents, mais aussi quelques-uns de ceux qui ont échappé aux autodafés des Taliban.

Car le cinéma afghan a existé. Si des traces de guimauve indienne se retrouvent dans sa production des années 70, c’est surtout le réalisme cru qui caractérise le cinéma de là-bas.

Ainsi en est-il dans «Ghirdab», de Timur Hakimyar, réalisé en 1996 alors que les Taliban assiégeaient Kaboul. Sept comédiens périrent pendant le tournage, sur lequel, par ailleurs, on manquait évidemment de tout.

L’engagement de la DDC

C’est la première fois que la DDC, Direction du développement et de la coopération (qui soutient depuis plusieurs années Le Festival de films de Fribourg, les Rencontres médias Nord-Sud de Genève ou Visions du Réel à Nyon), développe un partenariat avec le Festival international du film de Locarno.

Son soutien a porté principalement sur la rétrospective «Indian Summer» (sur laquelle nous reviendrons), ainsi que sur cet «Afghan day». «Une contribution, certes modeste, dans l’immense travail de récupération du patrimoine afghan», précise la DDC, qui dépend département fédéral des Affaires étrangères.

swissinfo/Bernard Léchot à Locarno

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