Le romanche unifié ne convainc pas
Plutôt que le «rumantsch grischun», ou romanche standardisé, les locuteurs de la quatrième langue nationale suisse préfèrent le dialecte de leur village ou de leur vallée. C'est ce qui ressort d'une étude du Fonds national suisse (FNS).
La tentative de standardiser le romanche est récente: le «rumantsch grischun» a été introduit en 1982 par l’organisation faîtière Lia Rumantscha, rappelle le FNS. A côté de cette langue écrite standard coexistent cinq variétés régionales, chacune dotée de sa tradition écrite propre.
Les chercheuses Renata Coray et Barbara Strebel ont enquêté parmi la population des deux grandes régions linguistiques romanches, la Surselva et la Basse-Engadine. Elles ont mené un examen approfondi auprès de 31 personnes, d’un niveau de formation «inférieur ou moyen».
Leur étude met en lumière la forte valeur émotionnelle que revêt le dialecte maternel pour les personnes interrogées. C’est leur langue principale de communication orale au quotidien, en famille et au village.
Les sondés s’identifient avant tout avec leur village et leur vallée, et moins avec une famille linguistique romanche. «Le sentiment suprarégional d’appartenance est faible», y compris chez les jeunes générations, constatent avec surprise les chercheuses.
Même à la radio et à la télévision, les personnes interrogées préfèrent l’usage d’une variante régionale du romanche à celui de la langue standardisée. Elles s’opposent aussi fortement au remplacement programmé de ces dialectes par le «rumantsch grischun» à l’école.
swissinfo.ch et les agences
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