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Lever de rideau helvétique pour Bénabar

La tournée de Bénabar commence par plusieurs dates suisses. swissinfo.ch

Auteur, compositeur, interprète, Bénabar, l'un des champions de la «nouvelle scène» de la chanson française, vient de débuter sa tournée 2006 en Suisse.

Malgré un succès grandissant, le chanteur a su rester proche de son public. C’est à La Chaux-de-Fonds que swissinfo l’a rencontré.

Jeans et pullover noir, une cigarette à la main, Bénabar vient de terminer une balance musicale. Entouré de ses musiciens, il déambule tranquillement dans les couloirs du Théâtre de l’Heure bleue, à La Chaux-de-Fonds.

Dans deux heures, il sera sur les planches pour le second spectacle de sa tournée 2006. La salle affiche déjà complet depuis belle lurette. Comme la plupart de ses concerts d’ailleurs, pris d’assaut par des fans toujours plus nombreux.

Sans marketing intempestif ni gros matraquage publicitaire, Bénabar a conquis son monde grâce au bouche-à-oreille.

Le ton incisif de ses compositions douces-amères, drôles et touchantes, fait mouche. Le verbe est pesé et travaillé, la musique entraînante et l’homme… attachant. Rencontre avec Bénabar, quelques minutes avant son entrée en scène.

swissinfo: Bénabar, vous connaissez un succès grandissant en France, vos spectacles affichent complet partout, et pourtant vous revenez jouer dans de petites salles en Suisse. Pourquoi? Et quel est le lien qui vous relie à la Suisse?

Bénabar: La Suisse a fait partie des endroits où nous sommes venus jouer très vite… il y a déjà dix ans de cela. Notre première «date internationale», en TGV, et bien c’était à Yverdon, en première partie du Bel Hubert. C’était vraiment la classe!

Après on est revenu souvent, dans des petits bistrots, dans des bars comme au «Chat noir» à Genève, «Chez Roland»… Et la Suisse nous a vraiment été utile pour nous faire jouer, avant le succès et une petite existence médiatique. C’est un peu bête à dire à un journaliste suisse, mais j’ai une vraie reconnaissance pour le soutien que le public de ce pays manifeste aux débutants.

swissinfo: Vous parlez de petite notoriété… vous êtes trop modeste! Depuis 2001 et votre première partie des concerts d’Henri Salvador, votre carrière a vraiment décollé. Comment vivez-vous ce changement?

Bénabar: Tout d’abord avec plaisir, même si je n’ai jamais eu le sentiment de galérer. J’ai toujours pu progresser, avancer de manière graduelle. Le succès n’est pas venu du jour au lendemain et cela m’a permis de prendre le recul nécessaire.

swissinfo: On a effectivement l’impression que vous vous cachez un peu par rapport au monde du show-business. Vous vous protégez?

Bénabar: Non pas vraiment. J’aimerais bien faire les magazines people et tout cela, mais même quand je me balade devant mes fenêtres, aucune photo ne paraît, il n’y a pas de paparazzi cachés!

Non, ça va… Je ne suis pas trop embêté de ce côté-là. Mais je reconnais que je fais attention à protéger un peu mes proches et ma vie privée. Je fais attention à mener une vie normale, même si j’ai conscience d’être un privilégié. Je sors plutôt avec mes copains qu’en boîte de nuit dans les carrés VIP. J’ai aussi des copains chanteurs, mais j’essaie de garder les pieds sur terre.

swissinfo: Vous êtes auteur, compositeur et interprète. Votre passé de scénariste joue-t-il un rôle dans l’écriture de vos chansons?

Bénabar: Je crois que c’est le même procédé. C’est l’envie – et la vocation dans le meilleur des cas – de raconter une histoire et de déclencher des émotions. Que ce soit des rires, des larmes, la surprise ou la peur. C’est un procédé de manipulation, de ruse. A la base, c’est la même envie de communiquer.

swissinfo: Et comment se passe la composition? La musique ou les paroles d’abord? Et cela se passe-t-il plutôt dans la douleur ou tout vous coule-t-il des manches?

Bénabar: ‘Coule des manches’?! Je n’avais jamais entendu cette expression! Non, malheureusement ça ne me coule pas des manches. J’ai essayé d’être un génie, et ça a foiré, en fait. Je suis obligé de bosser, de faire des copier-coller. Mais ça ne se passe pas dans la douleur, sinon je ne le ferais pas. Je n’ai pas de penchants sadomasochistes.

Je commence en fait par écrire. C’est un thème, un angle que je choisis, et des mots pour essayer de véhiculer une idée.

swissinfo: Vous venez de sortir votre quatrième album. Y a-t-il une chanson que vous placez en-dessus des autres?

Bénabar: Non, non, je les situe toutes dans une médiocrité parallèle.

swissinfo: Lorsque vous partez en tournée, comme c’est le cas maintenant, vous êtes une «famille» de près de vingt personnes – musiciens, techniciens et entourage compris. Comment cela se passe-t-il ? C’est vous le patron?

Bénabar: Je suis le meneur sur scène, car ce sont mes chansons. Mais en même temps je ne suis pas un maniaque du contrôle. Je n’éprouve pas le besoin de tout contrôler, je donne plutôt des directions…

Non, pour de vrai, je suis un tyran. Nous vivons dans une sorte de république bananière dont je suis le président à vie. Tout le monde peut voter, mais c’est moi qui décide.

Interview swissinfo, Mathias Froidevaux à La Chaux-de-Fonds

– Bénabar (le nom du clown Barnabé en verlan), a écrit ses premières chansons à l’âge de 25 ans et a commencé par jouer sa musique dans les cafés et les petites salles.

– Son premier concert hors de France a eu lieu en Suisse, où il a assuré la première partie du chanteur helvétique «le Bel Hubert».

– Sa carrière a pris un tournant décisif en 2002 lorsqu’il a assuré la première partie des concerts d’Henri Salvador.

– Il a notamment joué deux fois au Paléo Festival de Nyon.

– Présent à La Chaux-de-Fonds et à Onex il y a quelques jours, il jouera à Yverdon-les-Bains (9.2), Bulle (10.2) et Morges (11.2).

Bénabar – alors Bruno N. – est né le 16 juin 1969.
Il a été élevé dans la banlieue parisienne (Essonne), par une mère libraire et un père régisseur dans le cinéma.
A 20 ans, Bénabar réalise son premier court métrage. Au total, il en a écrit trois et prête également sa plume à la série H sur canal+.
Jusqu’ici, il a sorti cinq albums. Derniers en date: «Reprise des négociations» et «Live au Grand Rex».

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