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Noah le chanteur convainc Paléo

Exit le tennisman! swissinfo.ch

Le 27e Paléo Festival a commencé mardi. Sous un soleil éclatant, Yannick Noah a fait se croiser Nyon, Paris, Yaoundé et Kingston.

Sous le chapiteau, Tarmac ouvre le bal à 18h15. Tente bien remplie, public suspendu aux lèvres du chanteur Gaetan Roussel, en vacances de Louise Attaque avec le violoniste Arnaud Samuel. Autour d’eux, un guitariste et une section rythmique musclée.

Jeans délavés et chemise noire, Roussel est dressé derrière son micro, sec, martelant ses mots entre rigueur et colère. L’énergie est là, et la tension aussi.

C’est peut-être la notion de tension qui caractérise d’ailleurs le mieux le répertoire de Tarmac – comme celui de Louise Attaque. La tension pour contenir l’explosion.

Cool!

45 minutes plus tard, ambiance diamétralement opposée sur la grande scène, devant laquelle s’est amassée la foule des grands jours.

Dans un déferlement de couleurs (peaux black-blanc-beur, fringues post-woodstockiennes) Yannick Noah et son groupe Zam Zam entrent en scène, sur fond d’immenses masques africains.

Roussel joue ‘tendu’? Noah, lui, a opté pour le ‘détendu’ permanent. «Vous êtes cool?» sera d’ailleurs le maître mot de son spectacle. Un Noah qui a manifestement tout compris, et maîtrise parfaitement les ficelles de la communication avec le public.

«C’est un honneur d’être ici… c’est assez impressionnant… en Suisse, under the sunshine!» Au-delà du cliché, pendant une heure et demi, Noah va enrober ses chansons d’une tchatche aussi charmeuse que bien rodée.

Le charme est immédiat. Et lorsque le chanteur descend dans la foule pour aller saluer les plus éloignés ou presque, le triomphe est garanti.

Noah, chanteur?!

Oui, indéniablement. Depuis ses premières tentatives («Saga Africa» en 90, l’album «Black & what» en 91), la voix s’est affermie, a pris de l’assurance. Et grâce à la patte du trio Goldman-Benzi-Kapler, qui lui ont concocté son troisième album (paru en 2000), le répertoire est là.

Pas un répertoire révolutionnaire ni furieusement original, non. Mais entre harmonies africaines et chaloupement jamaïcain, un «afro-reggae» sympathique et ensoleillé porté par des musiciens et des choristes enthousiastes.

Premier temps fort: «Jamafrica», imparable. Suivi par «Les Lionnes», que Noah le tombeur dédie à «toutes les filles» non sans s’être préalablement intéressé à la frange féminine de son public.

«La voix des sages – No More Fighting» conclura le spectacle. C’est léger, naïf peut-être, mais on a envie d’y croire avec lui. Le rôle d’apôtre de la fraternité et de la joie lui sied plutôt bien. Peace, brother!

Noah reviendra pour deux rappels: l’incontournable «Saga Africa», qu’il terminera le torse nu, luisant au soleil (pâmoison justifiée chez les dames), puis sa relecture pacifiste de la Marseillaise, «Oh rêve».

Passer du statut de champion au classement ATP à celui de star de la chanson, le pari était osé, voire à priori impossible. Il est pourtant réussi.

Quand on découvre Noah en scène, ce n’est pas un tennisman reconverti qu’on voit, mais bien un chanteur. Sauf quand celui-ci joue du clin d’œil en se plaignant des boissons à disposition: «Ils nous ont pris pour des sportifs: ils n’ont mis que de l’eau, ici!»

swissinfo/Bernard Léchot

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