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Oasis en déroute

"Liam Gallagher, caché derrière ses lunettes noires, dédaigneux, suprêmement imbu de lui-même". Keystone

Mercredi à Paléo, Oasis, le groupe star du jour et accessoirement le plus gros cachet du festival, a quitté la grande scène après une vingtaine de minutes de concert. Stupéfaction des fans, et ambiance d’émeute.

Tout avait pourtant commencé normalement. Les musiciens étaient entrés en scène sur le coup de 23 heures 30, suivis par leur chanteur, Liam Gallagher, caché derrière ses lunettes noires, mâchant un chewing-gum, lymphatique, dédaigneux, suprêmement imbu de lui-même. L’attention du public lui est désormais entièrement consacrée, puisque son frère Noël, guitariste et compositeur, a abandonné la tournée en cours de route.

Terrain recouvert de spectateurs à perte de vue, fosse des photographes remplie à ras bord, fans des premiers rangs levant leurs bras vers l’idole au visage de freluquet teigneux comme s’il s’agissait de Dieu himself venu saluer le 25e Paléo Festival, tout était réuni pour qu’Oasis reparte de Nyon avec un gros succès public dans ses valises.

Mais voilà. Assez rapidement, un premier projectile a volé dans les airs, pour retomber sur scène. Puis un autre… Bouteille vide, bombe à eau… Etaient-ils le fait de spectateurs trop enthousiastes ou d’individus lucides ne supportant pas la morgue et la suffisance effarante de Liam Gallagher, difficile à dire.

Quoi qu’il en soit, le groupe, connu pour les sautes d’humeur de son leader, c’est un euphémisme, a donc décidé de quitter la scène après une petite vingtaine de minutes de concert. Motif invoqué ultérieurement: nos fiers rockers britanniques craignaient pour leur sécurité.

Les membres d’Oasis se sont alors cloîtrés dans leurs loges, avec semble-t-il une consigne stricte de Daniel Rossellat, patron de Paléo: ne pas en sortir avant que le public ne se soit dispersé. Public qui de son côté, balançait moult nouveaux projectiles en direction de la scène, et conspuait férocement ses fragiles idoles.

A 1 h 30 du matin, Daniel Rossellat donnait conférence de presse, expliquant la situation, s’excusant auprès du public, et évoquant «les gamineries» d´un «pauvre groupe». Si «pauvre» n’est peut-être pas le mot le plus judicieux lorsqu’on parle d’Oasis, «gamineries» suggère par contre assez bien les frasques du groupe et l’attitude générale de son frêle dictateur.

Bernard Léchot

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