Ovation pour Keith Jarrett à Montreux
C´est un public debout qui a ovationné Keith Jarrett lundi soir après son concert au Festival de jazz de Montreux. Le pianiste américain a offert deux fois 45 minutes d'improvisations intemporelles dans une salle... figée.
On pourrait appeler ça le syndrome Jarrett. Tout juste si le spectateur osait respirer. Personne dans l’arrière-scène, pas d’interview, pas de photo, pas d’enregistrement. Durant la pause, le public a été prié de ne pas quitter la salle de concert.
Cette demande imprévue a été reçue dans le calme. Peut-être le directeur du festival, Claude Nobs, redoutait-il une réaction intempestive du musicien face au brouhaha d’une salle en mouvement. Crainte d’autant plus fondée que Keith Jarrett est un artiste réputé «difficile».
Les spectateurs n’ont donc pas bougé de leur siège durant un quart d’heure, exprimant ainsi la piété qu’ils portent au pianiste-star. Tout au plus, la faible rumeur de leurs discussions a enflé, l’attente se prolongeant un peu tout de même…
Loin de se réduire à ces contraintes, la soirée a tout de même comblé les attentes du public. Le son, il faut le dire, était d’une rare pureté. La plus petite résonnance, chaque bruissement de baguette du batteur Jack DeJohnette, le moindre soupir de la contrebasse de Gary Peacock, tout ressortait.
Inoubliable également, la complicité évidente des trois musiciens. Le pianiste et ses acolytes de longue date revenaient à Montreux après une quinzaine d’années d’absence pour ce qu’on peut appeler un concert-événement car ils n’en donnent que quatre cet été dans toute l’Europe.
Après l’interlude, le trio a proposé trois pièces au phrasé souvent enjoué, offrant des contrastes dynamiques, ainsi qu’un motif s’apparentant à un nocturne, pour le plus grand plaisir du public montreusien. Au final, le trio a finalement consenti à deux rappels.
swissinfo avec les agences
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