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«Shaft», le retour

Film "Shaft"

Dimanche soir à Locarno, le public a pu découvrir, en guise de film vedette, «Shaft», du jeune réalisateur américain John Singleton, à qui l'on doit notamment «Boyz'n The Hood» (1991). Le tonton peut être satisfait de son neveu...

Le générique démarre par une guitare wah-wah qui nous rappelle quelque chose… Le thème du «Shaft» original, la fameuse chanson signée Isaac Hayes pour ce film réalisé en 1971 par Gordon Park. Un film qui marqua profondément le cinéma américain: le héros, fort et digne, était noir…

Même démarche pour ce «Shaft» millésimé 2000. Samuel L. Jackson, qui interprète John Shaft, et succède donc à Richard Roundtree, a une puissance, une prestance, et une classe indéniables. John Shaft, le neveu du Shaft de 1971, ce sympathique tonton qui, en guise de clin d’œil, fait plusieurs apparitions dans le film.

«Shaft» est un polar. Et un polar rondement mené, qui utilise toutes les armes et les ficelles du genre: coups de flingue, poursuites en voiture, flic «à bout» jetant sa démission à la face d’une justice corrompue pour pouvoir obstinément poursuivre son enquête en marge de la police et des lois. Avec ce film résolument commercial, Singleton signe d’ailleurs sa plus grosse production à ce jour.

Mais Singleton ne s’est pas limité à réaliser un film d’action bien ficelé. Fidèle à son engagement, c’est le statut de l’afro-américain dans la société qui l’intéresse, comme ce fut déjà le cas avec «Boyz’n The Hood» (1991), «Poetic Justice» (1993), «Higher Learning» (1995) ou «Rosewood» (1997). Dans «Shaft», ce n’est pas une affaire spectaculaire de drogue ou de guerres des gangs qui suscite une avalanche d’action… Non, juste un fait divers raciste, aussi banal et bête que dramatique.

Charisme du personnage principal, efficacité de l’intrigue, justesse du contexte social, filiation réussie avec l’original de 1971, le pari est gagné. En approchant de la conclusion du film, une crainte nous saisit toutefois: pourvu qu’on n’ait pas droit à un happy end mielleux comme le cinéma américain en a le secret! Et bien on n’est pas déçu. L’histoire finit bien… mais après un retournement de situation aussi politiquement incorrect qu’humainement satisfaisant. «Shaft»: un sans-fautes pour Singleton.

Bernard Léchot

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