Stéphane Blok : Lobotome…
Avec le printemps est arrivé le quatrième album du chanteur vaudois Stéphane Blok, qui participait récemment aux Francomanias de Bulle. «Lobotome»: une pépite inspirée et soigneusement taillée.
«Décalé volontaire», a dit de lui l’Hebdo. «Le Suisse discret», a répondu Libération. «Un Bernard Dimey venu dans notre fin de siècle», poétise Le Figaro. «Esthète du spleen», ont ajouté Les Inrockuptibles. Car, oui, la presse française s’intéresse aussi à Stéphane Blok. Qui, quant à lui, opte pour le «décalé volontaire».
Un pied à Lausanne, l’autre à Paris, car son nouvel album est produit par «Boucherie Productions», qui avait déjà racheté les droits des deux précédents. Avoir un label derrière soi, cela a-t-il changé quelque chose à la façon d’approcher un nouvel disque? «Cela donne plus de moyens: on a enregistré cet album en trois mois. Et Boucherie a tenu le rôle d’oreille extérieure, ce qui était très agréable. Boucherie n’impose pas son avis; c’est du conseil, toujours très intelligemment donné.»
D’un album à l’autre, la couleur des pochettes change: gris pour «Esperanza Nicolasohn»(1994), bleu pour «Les Hérétiques»(1996), jaune pour «Le principe du sédentaire» (1998), rouge pour «Lobotome». Une façon de marquer à la fois la rupture… et la continuité.
Car ce qui frappe chez Blok, c’est la cohérence de la démarche, la continuité d’un univers dont les caractéristiques ont été fixées dès son origine. Mots ciselés, arrangements sophistiqués. Et des nappes de guitares, comme on dit «nappes de synthé», l’humanité des cordes en plus. Et de l’humanité, il en faut pour dire dans «Vertige»:
A vrai dire je suis bouleversé
D’apprendre à te laisser tomber.
Je nous pleure et tu sais:
Nous n’avons su nous évader
De tous ceux qui nous promettaient
Un peu trop, à dire vrai
Stéphane Blok refuse pourtant la notion d’intellectualisme: «Il ne faut pas confondre intellectualisme et travail de recherche. Le mélange musique et texte, c’est une alchimie, et je trouve qu’il y a encore beaucoup de choses à découvrir, beaucoup de choses à essayer. Il faut prendre des risques. Et puis, j’aime bien aussi cette impression d’avoir trouvé un filon, et de piocher dans ma mine.»
Bernard Léchot
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