Thierry Lang à Genève
Pour clore le Jazz Estival, quoi de plus beau que le trio de rêve de Thierry Lang.
Il est le pianiste suisse le plus connu et reconnu de la planète jazz.
C’est, en effet, le premier musicien helvétique qui, en 1996, est parvenu à signer chez Blue Note, l’un des deux plus prestigieux labels de jazz au monde.
Le trio de Thierry Lang se produit en plein air dans la cour de l’Hôtel-de-Ville à 20h30, s’il fait beau lundi soir à Genève. S’il pleut, par contre, le concert est donné à 21h au Victoria Hall.
«Nous allons jouer plusieurs de mes dernières compositions et reprendre plusieurs ballades et standards du jazz», annonce le musicien.
Lang joue Queen
Le pianiste fribourgeois de 46 ans devrait aussi reprendre quelques chansons du légendaire groupe de rock Queen qu’il a réarrangées au piano en solo dans son dernier double CD «Guide me Home».
Mais, comme Keith Jarrett, Thierry Lang ne sait pas jusqu’au dernier moment quels morceaux il va interpréter sur scène avec son trio.
Pour en arriver là, il faut évidemment une complicité sans faille. Thierry Lang joue depuis six ans avec son contrebassiste Heiri Känzig, un des membres fondateurs du Vienna Art Orchestra, et depuis deux ans avec son batteur Peter Schmidlin, directeur du label de jazz TCB à Montreux.
Parcours du pianiste
Autrefois, on avait l’habitude de voir évoluer Thierry Lang aux côtés des Romands, le contrebassiste Ivor Malherbe et le batteur Marcel Papaux. Cette fidèle collaboration a duré douze ans.
Mais, fondamentalement, le pianite suisse n’a pas changé. Il distille toujours un jeu pianistique épuré, délicat et inspiré.
«Comme Obélix, je suis tombé très tôt dans la musique», sourit Thierry Lang. «J’ai commencé le piano à 5 ans. Et, de suite, j’ai su que c’était ça que je voulais faire plus tard. Même si mon père, chirurgien, aurait préféré pour moi une carrière dans la médecine…»
Bercé par le tango et le twist
«Ma mère argentine jouait du tango à la maison», poursuit l’enfant de Romont. «Et mes trois frères aînés évoluaient dans un orchestre de twist».
Thierry Lang fait de hautes études de piano classique. Mais il choisit le jazz en rentrant de Londres. «Cette musique me semblait plus libre.»
A 15 ans, il donne son premier concert en quartet à l’Ecole secondaire de Romont, en ouverture du big band de la Télévision suisse romande.
Thierry Lang doit une part de son succès au fait qu’il compose beaucoup et avec un perpétuel souci de la beauté des harmonies, d’une mélodie.
Un des «Piano Seven»
Pas étonnant qu’il ait figuré parmi les fondateurs de «Piano Seven», avec François Lindemann, Daniel Perrin et le regretté petit génie chilien, Sebastian Santa Maria. «On avait créé cette formule pour contrecarrer l’esprit de compétition entre les pianistes de jazz romands.»
Même s’il est aujourd’hui un artiste de renommée internationale, Thierry Lang prodigue toujours des cours de piano dans la section professionnelle du Conservatoire de Montreux.
Car le pianiste fribourgeois se souvient qu’avant d’acquérir une renommée mondiale, «c’est d’abord grâce aux cours qu’il a pu survivre, composer et avancer sereinement dans sa carrière de concertiste».
swissinfo/Emmanuel Manzi
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