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Van Dongen chez Gianadda

Sur l'affiche, la «Femme au chapeau vert» (1907). "Femme au chapeau vert"

La Fondation Gianadda, à Martigny, présente une rétrospective consacrée au peintre Kees Van Dongen. Une centaine d'oeuvres et un parfum de soufre.

Né en 1877 près de Rotterdam, Van Dongen s’installe en France dès 1899. L’année 1904 marquera son entrée sur la scène artistique. L’exposition qui lui est dédiée à Martigny met l’accent sur deux périodes marquantes de son oeuvre: le fauvisme, avant 1914, puis les années 1920-1930 qui reflètent sa curiosité pour la modernité.

Rapport charnel aux couleurs

Durant sa période «fauve», il peint des oeuvres d’une grande liberté et entretient un rapport quasi charnel avec la couleur. Aux portraits de femmes et aux paysages viennent s’ajouter des acrobates, des clowns. des écuyères…

A partir de 1910, il se rend régulièrement en Espagne, au Maroc et en Egypte. Les toiles inspirées par ces voyages – «Le châle espagnol ou «La femme aux pigeons» par exemple – et qu’il expose notamment en 1913, suscitent le scandale. Jugés obscènes, les tableaux sont alors décrochés par la police.

Dès les années 1920, Van Dongen s’oriente vers un style plus mondain, qui accroît sa notoriété. Il s’affirme alors comme le grand représentant d’un genre mineur au XXe siècle, le portrait, dont il bouleverse les codes.

Il peint tour à tour des femmes du monde et des prostituées, des acteurs et des financiers. Son goût de la fête se répercute jusque dans ses toiles. Peintre «branché», il traduit le modernisme par des couleurs flamboyantes, des tableaux insolents de grande dimension.

Chute et résurrection

En 1941, Van Dongen participe à un voyage à Berlin – un voyage de propagande en faveur de l’Allemagne. Un choix qui lui sera vivement reproché: l’exposition qui lui est consacrée l’année suivante à Paris est boycottée par le public et la presse, qui lui reprochent son manque de discernement envers l’occupant.

Après la Deuxième Guerre mondiale, Van Dongen retrouve pourtant une clientèle de gens célèbres, dont l’Ahga Khan ou Brigitte Bardot. Mais l’artiste, qui s’installe définitivement à Monaco en 1959, meurt presque dans l’indifférence en mai 1968.

Au fil des ans, le regard sur son oeuvre s’est nuancé. Il reste aujourd’hui un peintre érotique collant à la modernité de son temps, le peintre des femmes libérées. La Fondation Gianadda lui consacre sa première rétrospective suisse.

swissinfo avec les agences

Exposition Van Dongen à la Fondation Gianadda de Martigny, jusqu’au 9 juin, tous les jours de 10h00 à 18h00.

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