«Berne 2010» dans la course olympique
Coup de théâtre. Le projet Berne/Montreux a été élu candidat officiel de la Suisse pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2010. Le comité exécutif de Swiss Olympic lui avait pourtant préféré le dossier de Davos. Mais d'aucuns s'interrogent d'ores et déjà sur l'opportunité d'une nouvelle candidature helvétique.
«Berne 2010» est né mercredi soir à Berne. C’est sous cette appellation que l’on désignera désormais le candidat officiel de la Suisse à l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2010. A la surprise générale, par 145 voix contre 121, le parlement du sport de Swiss Olympic a en effet choisi le projet qui réunit les cantons de Vaud, Valais, Fribourg et Berne.
Victoire surprise
Les gagnants étaient un peu sous le choc. «L’association de la Suisse alémanique et de la Suisse romande pour ce projet a certainement joué en notre faveur, souligne Pierre Salvi, maire de Montreux. Mais la qualité technique du projet a également été largement reconnue.»
Pourtant, le 28 août dernier, le comité de Swiss Olympic l’avait dit haut et fort: le projet Davos/Zurich avait sa préférence. Selon lui, le projet alémanique présentait notamment un concept de financement plus réaliste et une meilleure concentration des sites de compétition. En revanche, les risques d’engorgement du trafic jouaient en sa défaveur.
«Nous étions convaincus de la valeur de notre dossier, confirme Klaus Korner, membre du comité de candidature de Davos/Zurich. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à soutenir le candidat officiel. L’important, c’est que la Suisse remporte les JO de 2010.»
Il faut encore convaincre
Mais la partie n’est de loin pas encore gagnée. D’une part, la réalisation du projet dépend d’une ligne de crédit d’urgence de 100 millions de francs qui devrait être versée par la Confédération.
D’autre part, en 2003, la candidature de la Suisse devra faire mieux que celle de «Sion 2006». Autrement dit, elle devra convaincre les délégués du CIO. Et, depuis plusieurs mois déjà, certaines voix s’élèvent pour mettre la Suisse en garde contre un éventuel nouvel échec de ses projets olympiques.
C’est le cas de Denis Oswald, l’un des cinq membres suisses du CIO. «Sion 2006 avait présenté un excellent dossier, rappelle le président de la Fédération internationale d’aviron et de l’Association des fédérations olympiques des sports d’été, le projet a pourtant été balayé. Je pense qu’avant de se lancer dans une nouvelle tentative de candidature, il faut analyser les causes réelles de cet échec.»
Les dangers d’un échec
Pour le membre du CIO, le problème tient plus de la politique que de la qualité des candidatures helvétiques. «Aujourd’hui, il y a une majorité de Suisses aux fonctions clés du CIO, souligne encore Denis Oswald. Beaucoup de pays trouvent donc qu’il est temps de mieux répartir les responsabilités et les centres de décision. D’autant que la Suisse ne donne pas énormément au mouvement olympique international».
«Pour la candidature de Sion 2006, nous avons rencontré un large soutien de la part du peuple et du monde économique suisses, rappelle Denis Oswald. En cas de nouveau revers, il serait difficile, voire impossible, de susciter une nouvelle vague d’enthousiasme. Et dans ce contexte, toute nouvelle tentative serait inimaginable durant les vingt prochaines années au moins.»
D’ailleurs Denis Oswald n’est pas le seul à s’interroger. Sur les cinq membres suisses que compte le CIO, seuls deux soutiennent ouvertement le projet.
Mercredi, le parlement du sport de Swiss Olympic, lui, s’est montré clairement optimiste. Par 244 voix contre 16, il a en effet approuvé le principe d’une nouvelle candidature suisse.
Vanda Janka
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