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Des entreprises suisses accusées par Washington de blanchir l’argent du pétrole iranien

Pétroliers et cargos en mer
Pétroliers et cargos bloqués dans le détroit d’Ormuz, le 11 mars 2026. Keystone / AP

Des entreprises suisses aideraient à gérer une partie de la flotte secrète de pétroliers iraniens et effectueraient des transactions finançant les Gardiens de la révolution et la Force Al-Qods, d’après les autorités américaines. Elles soutiendraient ainsi économiquement le régime de Téhéran en lui permettant de contourner les sanctions de Washington.

En 2022, Fractal Shipping SA a pris en charge la gestion d’une flotte d’une trentaine d’anciens pétroliers. L’entreprise transportait du pétrole russe. Lorsque les Occidentaux ont durci les sanctions contre la Russie, le PDG de Fractal Mathieu Philippe a créé une filiale à Dubaï.

Depuis juillet 2025, Mathieu Philippe et ses sociétés à Dubaï et Genève figurent sur la liste des sanctions américainesLien externe. Selon Washington, ses sociétés feraient partie d’un réseau iranien de transport pétrolier.

D’après les informations américaines, le chef de ce réseau est le magnat du pétrole iranien Hossein Shamkhani, fils d’Ali Shamkhani, conseiller d’Ali Khamenei. L’ayatollah et Ali Shamkhani ont péri lors des bombardements israéliens et américains conjoints. Puis, en avril, les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions au réseau de sociétés d’Hossein Shamkhani.

Outre les entreprises de transport de pétrole, l’homme possède également des sociétés de réinvestissement des bénéfices. Une de ces pistes mène à Zoug. La société zougoise Ocean Leonid Investments AG a été fondée par un partenaire commercial d’Hossein Shamkhani, l’Iranien Mahdiyar Zare Mojtahed. Ce dernier est inscrit au registre du commerce comme citoyen de l’île caribéenne de la Dominique.

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Gestion de fonds avec l’argent du pétrole

Ocean Leonid Investments était un fonds spéculatif qui se livrait à des opérations risquées sur les matières premières. La société est actuellement en liquidation. En juillet, les autorités fiscales américaines ont sanctionné la société suisseLien externe pour avoir prétendument investi des fonds provenant des transactions pétrolières de Hossein Shamkhani.

Depuis lors, tous les membres du conseil d’administration ont démissionné. Ocean Leonid Investments possédait également des bureaux à Londres et à Dubaï, fermés sur ordre des autorités fin 2024.

Alors que certaines sociétés du réseau Shamkhani ont été fermées, d’autres émergent. Le département de la Justice des États-Unis a déposé deux plaintes au civil visant la confiscation de plus de 15,3 millions de dollars qui auraient servi à financer un réseau illicite de distribution de pétrole iranien. Les fonds appartiennent au groupe Wellbred, basé à Singapour, qui serait impliqué dans le réseau d’Hossein Shamkhani.

Le groupe Wellbred possède une filiale à Genève: Wellbred Trading SA. Selon des documents judiciaires américains, 7,6 millions de dollars ont transité d’un compte suisse de Wellbred vers Singapour via les États-Unis en janvier, en violation des sanctions américaines contre l’Iran. Le PDG de Wellbred Trading SA n’a pas répondu aux sollicitations de l’émission Rundschau de SRF.

Allégations de blanchiment d’argent et financement du terrorisme

Une autre piste concernant les liens d’entreprises suisses avec l’Iran conduit à Zurich. La banque d’affaires MBaer est officiellement fermée depuis février. Mike Baer, ​​arrière-petit-fils de Julius Baer, ​​avait fondé l’entreprise en 2018.

Selon l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), MBaer a commis de «graves manquements systématiques à ses obligations de vigilance en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, ainsi que des défaillances dans son organisation administrative et sa gestion des risques». Une enquête est toujours en cours, sous l’autorité du Ministère public de la ConfédérationLien externe.

Corps des Gardiens de la révolution islamique et de sa Force Al-Qods, et a ainsi «financé le terrorisme».

Le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN),Lien externe une unité de renseignements financiers rattachée au Trésor américain, indique que la banque MBaer a transféré plus de 60 millions de dollars dans ce cadre. Il mentionne également des «transactions liées à la corruption vénézuélienne et aux activités illicites russes».

Mike Baer rejette les allégations

Le fondateur de l’entreprise MBaer, Mike Baer, réfute ces accusations. Une agence de communication a répondu à l’émission «Rundschau» de SRF que «les allégations formulées dans le rapport du FinCEN font référence à des situations où, au moment des transactions, rien n’indiquait un quelconque lien avec l’Iran, des organisations sous sanctions ou des activités terroristes. Les allégations du FinCEN sont donc infondées et sont catégoriquement rejetées.»

Traduit et adapté de l’allemand par Julien Furrer (RTS)

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