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Bras de fer entre Swissair et les syndicats d’AOM-Air Liberté

Marc Rochet, songeur, à travers une des vitres du Tribunal de Créteil. Keystone

Le Tribunal de commerce de Créteil n'a pas pris de décision définitive sur l'avenir d'AOM-Air Liberté, menacé de liquidation. Inquiets, les syndicats mettent en garde Swissair: le personnel ne veut pas du projet de reprise, présenté par Marc Rochet, président du directoire d'AOM-Air Liberté.

Swissair Group parviendra-t-il à se débarrasser de son pôle aérien français, gouffre sans fond qui perd plus d’un million de francs par jour? Les administrateurs judiciaires d’AOM-Air Liberté ont recommandé, jeudi, au Tribunal de commerce de Créteil de fixer un «court» délai pour l’amélioration des offres de reprise du pôle aérien menacé de liquidation. Ce délai a finalement été fixé à mardi. Et le tribunal rendra son jugement jeudi.

Garanties financières insuffisantes

Les candidats au rachat, qui avaient jusqu’à lundi soir pour revoir leur dossier, n’ont pas amélioré leur offre d’une manière décisive. Car, les garanties financières des deux principaux repreneurs potentiels sont très insuffisantes.

Avec son projet baptisé Holco, Jean-Charles Corbet, ancien pilote d’Air France, ne parvient pas à séduire le Tribunal, tout comme le montage financier de la société française Fidei détenue par le holding américain Leucadia.

Même s’il est loin de faire l’unanimité, Holco a la faveur des syndicats, car il prévoit le maintien de 3400 à 3600 des quelque 5000 emplois d’AOM-Air Liberté.

Mais c’est surtout, le dossier présenté à la dernière minute par l’actuel président d’AOM-Air Liberté, Marc Rochet, qui fait l’objet d’un bras de fer entre les syndicats et Swissair.

Rochet a les faveurs de Swissair

Pour la direction du groupe suisse, Rochet est aujourd’hui la personne la mieux placée pour trouver des solutions à la reprise et la survie du deuxième pôle aérien français. Mais l’homme, qui a la réputation d’être un «coupeur de têtes», est la bête noire des syndicats.

Swissair, qui se dit prêt à verser jusqu’à 500 millions de francs, mais à condition d’échapper à tout risque de poursuites judiciaires, veut de toute évidence que le Tribunal de commerce de Créteil tranche en faveur du président d’AOM-Air Liberté.

Pour les syndicats, ce serait un casus belli et le personnel menace de poursuivre en justice Swissair, actionnaire d’AOM-Air Liberté avec Ernest-Antoine Seillière, patron des patrons français, si le projet Rochet devait passer en force.

Jacques Allaman, Paris

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