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En mai, la justice genevoise inculpte Pierre Falcone de blanchiment. Keystone Archive

Depuis l'ouverture de l'enquête de la justice suisse sur les ventes d'armes à l'Angola, Pierre Falcone et son ancien associé Arcadi Gaydamak portent leur croix en solo.

En mai, le juge genevois Daniel Devaud inculpe le marchand d’armes français Pierre Falcone pour «blanchiment d’argent», «soutien à une organisation criminelle» et «corruption d’agents publics étrangers».

Le motif? 614 millions de dollars provenant de la dette angolaise vis-à-vis de la Russie et vraisemblablement détournés.

Des chemins plutôt tortueux

Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak étaient chargés de négocier cette dette russe. Qui s’élevait, à l’origine, à 5 milliards de dollars.

Le marchand d’arme français et son associé de nationalité israélo-russe auraient réussi à faire dégringoler cette même dette à 1,5 milliard de dollars.

Mais le remboursement angolais a pris des chemins plutôt tortueux. Jugez-plutôt.

Sur les 775 millions de dollars versés à Abalone Investment Limited – une société implantée à Genève qui possédait un compte à l’UBS -, seuls 161 millions ont effectivement atterri dans les caisses du Ministère russe des finances.

Ces révélations auraient jeté un vrai froid entre Falcone et Gaydamak. Les deux anciens complices ne se seraient-ils pas partagé le gâteau équitablement?

31 billets à ordre de 48 millions de dollars

Selon la Lettre du Continent, une lettre parisienne spécialisée sur l’Afrique, «les deux mandataires de l’Angolagate portent aujourd’hui leur croix en solo».

«Je n’ai jamais signé un seul contrat», clame Arcadi Gaydamak. Sous mandat d’arrêt international, l’Israélien multiplie les interviews pour tenter de prouver sa propre innocence, mais pas celle de son ancien associé.

Arcadi Gaydamak explique que la dette russe a été transformée en 31 billets à ordre d’une valeur de 48,7 millions de dollars chacun. Et que sa société, Abalone, en aurait bien racheté six pour une valeur de 161 millions de dollars, qui ont été «remis cash au Ministère russe des finances».

Le solde, jure-t-il, aurait été payé en obligations russes. Pour preuve, les Russes, qui devraient être les premiers lésés, ne se plaignent pas.

De bons rapports avec les angolais

Il est vrai que l’Israélien Arcadi Gaydamak est d’origine russe. Et qu’il ne souhaite pas couper les ponts avec son ancienne patrie.

Par ailleurs, il n’est pas persona non grata en Angola. Pour preuve, il rappelle dans La Lettre du Continent qu’il dispose dans ce pays d’un complexe avicole d’une capacité de 23 millions d’œufs, et d’une flotte de 17 bateaux de pêche.

Et il parle de son projet de maraîchage de quelque 200 hectares à 40 kilomètres de Luanda, la capitale angolaise.

swissinfo/Ian Hamel

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