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Débat autour du vaccin

Les bovins suisses sont jusqu'ici préservés de la maladie. Faut-il les vacciner? Keystone Archive

La Grande-Bretagne n'exclut pas l'utilisation du vaccin pour lutter contre la fièvre aphteuse. Alors qu'il doit faire face à une pression intérieure croissante, le Premier ministre Tony Blair en a obtenu mercredi l'autorisation de l'Union européenne. En Suisse, aussi, la question est débattue.

«La vaccination nationale en Suisse n’est envisageable qu’en dernière extrémité». Dans un communiqué de presse, l’Office vétérinaire fédéral (OVF) rappelle mercredi ses réticences à vacciner les animaux pour lutter contre la fièvre aphteuse.

Selon l’OVF, en effet, «la vaccination présente plus d’inconvénients que d’avantages». Il est notamment impossible de distinguer les animaux vaccinés de ceux infectés, car tous produisent des anticorps. L’épizootie est ainsi cachée. Alors que les bêtes, immunisées, peuvent porter et transmettre le virus. De plus, la protection n’est pas totale, et ne dure que quelques mois.

Et puis, surtout, cette campagne nationale aurait de lourdes conséquences commerciales. Pour éviter toute propagation de la maladie, l’étranger imposerait en effet des restrictions aux exportations helvétiques. Cela toucherait la viande, mais aussi les produits laitiers, comme le fromage.

A l’Office vétérinaire fédéral, Hans Wyss, chef de l’information, donne en exemple les Pays-Bas, touchés par l’épizootie. Or, La Haye vaccine actuellement certains animaux. Mais ceux-ci seront abattus dans un deuxième temps. Précisément pour éviter toute restriction commerciale.

Cela dit, l’OVF n’exclut pas totalement une vaccination d’urgence. Il dispose d’ailleurs d’une réserve de 300 000 doses prêtes à l’emploi. Et mentionne la possibilité de les utiliser si les animaux d’une zone d’interdiction ne pouvaient être abattus assez rapidement.

Quoiqu’il en soit, l’OVF n’envisage de telles mesures que si la Suisse était touchée par l’épizootie. Une position que partage Jean Staehli. «Je suis d’accord, tant qu’il n’y a pas de fièvre aphteuse, il n’y a pas besoin de vaccin», lance l’ancien vétérinaire cantonal neuchâtelois.

En revanche, ce retraité, qui avait combattu l’épizootie des années soixante, critique la campagne menée par le gouvernement britannique: «Il aurait fallu vacciner depuis longtemps!» Selon lui, seules des raisons économiques justifient cette réserve face à un traitement pourtant efficace.

«Il y a quarante ans, nous tuions le bétail atteint, se souvient le Neuchâtelois. Puis, dans les environs, nous procédions à des vaccinations ponctuelles.» Cette méthode reste toujours, selon lui, la plus efficace.

Mais à l’OVF, ses confrères sont moins catégoriques. Hans Wyss rappelle ainsi que si la situation est dramatique en Grande-Bretagne, elle est nettement mieux contrôlée en France. Où seuls deux foyers ont été enregistrés jusqu’à présent.

«Pour le moment, nous prenons toutes les précautions pour éviter l’épizootie, ajoute Hans Wyss. Si malgré tout, la Suisse est touchée, alors il sera important de détecter ce cas et de prendre des mesures sévères.»

La vaccination ne serait en revanche pas envisagée dans un premier temps. «Elle ne serait utilisée que pour éviter la catastrophe, précise Hans Wyss. Nous réfléchissons déjà à différents scénarios. Mais, pour le moment, la vaccination n’est pas prévue».

Caroline Zuercher

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