Le Conseil national rejette les coupes visant Swissinfo
Le Conseil fédéral voulait supprimer la contribution de la Confédération à l’offre internationale de la SSR. Cette mesure aurait fortement affecté le financement de Swissinfo. Après le Conseil des États en décembre, le Conseil national a, lui aussi, refusé.
Il s’agissait de l’une des 65 propositions d’économies. La mesure 24 du plan d’économies 2027–2029 prévoyait la suppression des contributions fédérales à l’offre internationale de la SSR. Le Conseil fédéral proposait au Parlement des réductions dans presque tous les domaines de dépenses de la Confédération.
Le Conseil national a débattu de ce paquet lundi et mardi. La décision en faveur de l’offre internationale de la SSR a été claire: 104 voix contre 84, avec 5 abstentions. Après le Conseil des États, le Conseil national s’est donc, lui aussi, prononcé pour la poursuite de la contribution fédérale à cette offre. De quoi permettre à Swissinfo – la plateforme de la SSR que vous êtes en train de lire – de pousser un soupir de soulagement.
Une idée d’économie ambitieuse
L’offre internationale de la SSR coûte chaque année 19 millions de francs au budget fédéral. Sur ce montant, 9 millions financent la moitié du budget de Swissinfo. Le reste couvre les dépenses du site italophone TVSvizzera, ainsi que les partenariats de la SSR avec TV5MondeLien externe et 3SatLien externe. L’autre moitié des coûts de ces plateformes destinées à l’étranger est prise en charge par la SSR elle-même.
Le mandat international de la SSR est un mandat confié par la Suisse à l’entreprise de médias pour fournir une offre d’information destinée à l’étranger. Ce mandat comprend deux volets: produire d’une part une offre médiatique pour les Suisses de l’étranger, et d’autre part une offre pour un public international s’intéressant à la Suisse.
Ces mandats ont pour objectif de soutenir les droits politiques des Suisses de l’étranger et de lutter contre la désinformation à l’étranger. Les reportages de Swissinfo contribuent ainsi à corriger les malentendus et les fausses informations sur la Suisse et à fournir des informations fiables. Actuellement, Swissinfo publie dans les langues suivantes: allemand, français, italien, anglais, espagnol, portugais, russe, arabe, japonais et chinois.
Le mandat à l’étranger est financé pour moitié par des fonds fédéraux et pour moitié par des fonds de la SSR, qui sont collectés par le biais d’une redevance radio et télévision obligatoire
La Confédération contribue actuellement à hauteur d’environ 19 millions de francs par an, la SSR à hauteur d’un montant similaire.
La difficulté de cette idée d’économie tenait au fait que le Conseil fédéral souhaitait maintenir le mandat international confié à la SSR, tout en en coupant son financement. Le débat au Conseil des États a révélé qu’un scénario possible pour Swissinfo aurait été de ramener l’offre éditoriale de dix à quatre langues.
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Certes, le paquet dans son ensemble doit encore passer dans les deux prochaines semaines en procédure d’élimination des divergences entre les deux Chambres. Mais puisqu’il n’y a plus de divergence sur cette mesure, le financement fédéral pour les prochaines années est assuré.
L’UDC et le PLR favorables aux coupes
Au préalable, la Commission des finances du Conseil national avait déjà recommandé de renoncer à cette coupe, même si la décision avait été prise à une courte majorité. Les membres du Conseil national avaient toutefois déjà pris leur décision lorsqu’ils ont débattu de cette question mardi au Parlement. Les groupes parlementaires avaient déjà discuté de cette question. Seule l’UDC a encore pris la parole en plénum. Le plus grand parti du pays s’est opposé à la majorité de la commission et a soutenu le plan d’économies du Conseil fédéral.
Il s’agirait d’un redimensionnement, non d’un démantèlement, a plaidé le conseiller national UDC Roman Bürgi dans l’hémicycle. «L’offre internationale est née à une époque où les Suisses de l’étranger n’avaient pas un accès facile aux programmes suisses», a-t-il déclaré. Aujourd’hui, a-t‑il poursuivi, cet accès est largement garanti. «Cette offre ne fait pas partie du cœur du service public», a-t-il affirmé.
«Se séparer des reliquats du passé»
La ministre des Finances, la libérale-radicale Karin Keller-Sutter, a défendu devant le Conseil national la nécessité des économies voulues par le gouvernement. «Parfois, il faut avoir le courage de se séparer des reliquats du passé», a-t-elle lancé. À ses yeux, les Suisses de l’étranger peuvent accéder aux offres de la SSR financées par la redevance radio-TV.
Lors du vote, les députés du Parti libéral radical (PLR / droite) ont pratiquement tous suivi leur conseillère fédérale, seuls trois membres s’étant abstenus. L’UDC a également soutenu presque unanimement la proposition d’économies du Conseil fédéral. Tous les autres partis ont suivi la majorité de la commission – et donc rejeté la coupe proposée par le gouvernement.
Soulagement du côté du syndicat des médias
Dans un communiqué, le syndicat des médias SSM a exprimé son soulagement. «Plus de 100 emplois auraient pu disparaître et la voix de la Suisse à l’étranger s’en serait trouvée affaiblie», écrit le SSM. Pour l’organisation, cette décision constitue un «signal important en faveur de la diversité médiatique, des Suisses de l’étranger, ainsi que de la visibilité de la Suisse sur la scène internationale».
Avant le débat parlementaire, des représentantes et des représentants du SSM avaient déposé une pétition pour sauver le mandat pour l’étranger. En moins de trois mois, plus de 17’000 personnes l’ont signée. L’Organisation des Suisses de l’étranger, Soliswiss, Educationsuisse ainsi que d’autres associations de médias y ont également pris part.
Relu et vérifié par Mark Livingston. Traduit de l’allemand par Katy Romy/rem.
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