Dopage: des skieurs sous haute surveillance
Responsables des contrôles antidopage des Mondiaux de ski, six experts de Swiss olympic travaillent sans relâche à Saint-Moritz.
Les urines des athlètes seront analysées par un laboratoire lausannois agréé par le Comité international olympique (CIO).
A Saint-Moritz, la Commission technique de lutte contre le dopage de Swiss olympic met ses compétences au service du ski. Elle est, en l’occurrence, mandatée par les organisateurs des Mondiaux.
Concrètement, après chaque compétition disputée sur les pistes grisonnes, six experts de Swiss olympic assurent le suivi et la légalité de tous les contrôles antidopage auxquels doivent se soumettrent les champions (les quatre premiers de la course et deux autres tirés au sort).
Toujours sous escorte
«Notre travail consiste à approcher l’athlète aussitôt que possible après la ligne d’arrivée pour le convoquer au contrôle antidopage», explique posément le Valaisan Paul-André Dubosson.
«Après, ajoute l’ancien entraîneur de la championne Vreni Schneider, nous le surveillons dans ses moindres faits et gestes jusqu’à ce que toutes les formalités aient été effectuées selon un rituel bien précis. Car à la moindre erreur de procédure, le test est déclaré nul.»
En clair, les athlètes désignés sont «accompagnés» partout par un expert de Swiss olympic. Durant leurs interviews radio et télévisées comme dans la voiture qui les conduit jusqu’au local de contrôle antidopage.
Toujours sous escorte, ils doivent ensuite se dénuder de la taille aux genoux et fournir 75 millilitres de leur urine. Un passage humiliant, parfois très ‘électrique’, mais nécessaire à l’éthique sportive.
Les éprouvettes contenant les échantillons sont alors scellées avant d’être envoyées au laboratoire suisse d’analyse du dopage pour y être traitées.
De l’urine plutôt que du sang…
«Nous recherchons avant tout des stéroïdes anabolisants et des stimulants qui pourraient améliorer l’explosivité des skieurs», précise le directeur du laboratoire rattaché à la Faculté de médecine de l’Université de Lausanne et agréé par le Comité international olympique.
«Nous effectuons les analyses à partir de l’urine, poursuit Martial Saugy. Car elle est susceptible de contenir de plus grandes concentrations de produits dopants.»
Et de préciser: «Il s’agit d’un liquide biologique beaucoup plus facile à prélever que le sang en respectant un cadre juridique très strict».
Connus en moins de 48 heures, les résultats des tests sont ensuite envoyés à la Fédération internationale de ski (FIS) et à Swiss olympic.
Une contre-expertise possible
«En cas de résultat positif, le règlement de la FIS est précis», rappelle la secrétaire générale de la fédération.
«Avant de prendre une décision pouvant aller jusqu’à deux ans de suspension, dit Sarah Lewis, nous informons la fédération concernée ainsi que l’athlète. Qui peut choisir d’effectuer une contre-expertise.»
Le sportif incriminé qui refuserait de se plier à une sanction peut encore s’adresser, en dernier recours, au Tribunal international du sport de Lausanne.
Une certification ISO
Tour à tour, sous-estimée et mal gérée dans beaucoup de pays, la lutte contre le dopage dans le sport commence à s’organiser de manière plus efficace au niveau international.
Et cela grâce, notamment, aux efforts de centralisation et de standardisation entrepris conjointement par le CIO et l’Agence mondiale antidopage (AMA).
«Cela fait à peu près deux ans que nous pratiquons des contrôles professionnels, confirme Matthias Kamber. Nous avons décidé de réagir après les problèmes constatés sur le Tour de France cycliste de 1998.»
Pour le responsable de la prévention du dopage à l’Office fédéral du sport, le but est désormais de remplir pleinement les exigences de contrôle édictées par l’AMA.
Dans ce contexte, une intense collaboration entre Macolin et Swiss olympic devrait permettre l’obtention, cette année encore, d’une certification ISO des contrôles suisses.
Des efforts louables que l’on ne constate, pour l’instant, qu’au niveau européen.
swissinfo, Mathias Froidevaux, Saint-Moritz
Une délégation de six contrôleurs de Swiss olympic est présente aux Mondiaux
Lors de chaque épreuve disputée à Saint-Moritz, les quatre premiers et deux athlètes tirés au sort doivent se soumettre à un test d’urine
Dès le moment où les skieurs franchissent la ligne d’arrivée et jusqu’au local où ils donneront leur urine, un contrôleur officiel épie tous leurs faits et gestes
Chaque athlète doit donner 75 millilitres d’urine au minimum
Les résultats sont connus en moins de 48 heures
– Les organisateurs des Mondiaux de ski de Saint-Moritz ont mandaté Swiss olympic pour réaliser les contrôles antidopages à l’issue des courses
– Les échantillons d’urine des athlètes contrôlés sont directement envoyés à un laboratoire lausannois agréé qui effectue les tests
– Les résultats sont connus très rapidement et envoyés aussi bien à Swiss olympic qu’à la Fédération internationale de ski
– En cas de résultat positif, un second test peu être effectué (test B) à la suite duquel d’éventuelles sanctions ou suspensions peuvent être prises
– En cas de test positif, les skieurs risquent jusqu’à deux ans de suspension
– Les produits recherchés sont principalement les anabolisants et les stimulants qui peuvent aider à améliorer les qualités d’explosivité requises en ski alpin
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