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Droits de l’homme: la Suisse prévoit des débats tendus à Genève

Le bâtiment de l'ONU à Genève. Keystone Archive

La Commission des droits de l'homme des Nations Unies ouvre sa session annuelle lundi à Genève. L'ambassadeur François Nordmann, qui dirige la délégation suisse, s'attend à six semaines difficiles et à des discussions serrées sur des thèmes très controversés.

La Commission des droits de l’homme est l’un des piliers de l’ONU. La centaine de résolutions qu’elle vote chaque printemps sont loin d’être toutes suivies d’effets. Mais pendant six semaines les 53 États qui la composent n’échappent pas à la multitude de regards qui suivent leurs prises de position.

«L’an passé, se souvient l’ambassadeur Nordmann, le climat était détendu. La session de cette année s’annonce plus dure.» Entre autres parce qu’il y a davantage de tensions et d’incertitudes de par le monde, et parce que certaines situations n’ont pas encore vraiment trouvé de solution.

Le chef de la délégation suisse pense, bien sûr, à la brève session spéciale d’octobre dernier convoquée à la hâte pour réagir aux événements qui agitaient Israël et les territoires palestiniens. A l’époque, son intervention n’était d’ailleurs pas passée inaperçue.

L’idée de la Suisse était de rappeler les principes du droit humanitaire, en particulier le respect des personnes civiles dans les territoires occupés. «Notre position n’a pas changé, dit François Nordmann. Si cette déclaration a été remarquée, c’est parce qu’elle contrastait avec celle de gouvernements qui nous sont proches mais qui ne se prononçaient pas sur le fond.»

Cette fois-ci, la délégation suisse prendra certainement position sur des questions comme le racisme, la torture la peine de mort, le droit des enfants et autres. Elle sera également attentive aux débats sur des cas concrets, de l’Afghanistan à la Tchétchénie, sans parler du dossier chinois qui revient comme un rituel à chaque session.

Qu’est-ce qui fait que la Suisse «parraine» ou non l’une ou l’autre des résolutions soumises aux délégués? «Nous sommes dans une commission qui traite des droits de l’homme et non pas dans un organe politique, répond l’ambassadeur Nordmann. Nous sommes en faveur de la promotion des droits de l’homme selon les conventions et les textes en vigueur et nous veillons à ce que les résolutions qui reflètent des situations précises soient équilibrées.»

Quoi qu’il en soit, la délégation suisse ne se sentira pas seule. Mercredi, l’ancien ministre Adolf Ogi étrennera à Genève sa nouvelle fonction de conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU pour le sport au service du développement et de la paix.

Plus tard, Jean Ziegler, qu’on ne présente plus mais qui l’automne dernier s’est vu confier la mission de «rapporteur spécial» sur le droit à l’alimentation, expliquera aux délégations où vont ses premières réflexions et comment il entend donner au moins quelques miettes d’espoir à 800 millions de personnes qui souffrent de la faim.

Enfin, c’est à Moritz Leuenberger qu’il reviendra de redire à la commission l’importance que la Suisse lui reconnaît même si elle n’est pas membre des Nations Unies. Depuis le début de l’année, le Président de la Confédération n’a cessé d’étonner à chaque fois son public. Ce devrait être aussi le cas le 30 mars.

Mais la concurrence médiatique sera forte puisque ce jour-là Kofi Annan et Jacques Chirac prendront la parole, ainsi que Joseph Kabila dont on attend de savoir si dans son pays la fin de la guerre est véritablement synonyme de paix et de mieux-être pour les Congolais.

Bernard Weissbrodt

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