En Ligue des Champions, l’histoire se répète pour les Suisses
Pour la cinquième saison consécutive, la prestigieuse Ligue des Champions (Champions League) se disputera avec 32 équipes, sans aucune présence helvétique. Reste à savoir pourquoi les équipes suisses de football sont condamnées au rôle de téléspectateurs.
Grasshopper n’aura pas fait mieux que Sion, Servette ou St-Gall. Le champion suisse 2001 a, en effet, échoué mercredi soir en match de qualification de la Ligue des Champions face à Porto (défaite 3-2 au Hardturm, après un prometteur 2-2 glané au Portugal).
Il faut remonter à 1996 et au parcours de Grasshopper, déjà, pour retrouver une trace helvétique à pareil niveau européen. Les exploits des Sauterelles face à Auxerre, Ajax Amsterdam ou Glasgow Rangers commencent pourtant à dater. Et, à cette époque, l’accès à la phase finale apparaissait bien plus aisé.
Les règles ont changé
Est-ce à dire que tout champion suisse aura toujours plus de mal à décrocher son ticket? Sans aucun doute. Les règles de l’UEFA ont changé. Et elles font la part toujours plus belle aux nations nanties, telles l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne ou encore l’Italie qui peuvent raisonnablement espérer chacune trois formations dans la phase finale.
Pourtant, chacun à leur tour, les champions suisses ambitionnent de prendre part à la fameuse Ligue des Champions. Le problème, c’est qu’ils ne s’en donnent pas réellement les moyens.
Dernier exemple en date, Grasshopper n’a pas brillé par son audace et sa clairvoyance. Notamment son président, Peter Widmer, qui a refusé à son entraîneur, Hans-Peter Zaugg, durant l’entre-saison, l’engagement d’un gardien expérimenté. Condition sine qua non pour espérer se qualifier.
Eviter les dérapages
Conscient de la jeunesse de Peter Jehle (19 ans seulement), Hans-Peter Zaugg souhaitait recruter Jörg Stiel (alors à St-Gall) pour ne pas griller son jeune gardien. Le veto du président a mis un terme à la transaction. Et le malheureux Peter Jehle porte une part importante de responsabilité dans l’échec contre Porto, avec au moins un but sur la conscience au match aller, comme au match retour.
Autre point d’interrogation: pourquoi Grasshopper a-t-il laissé filer son défenseur international Bernt Haas à Sunderland juste avant l’empoignade contre Porto?
Pour rejoindre la cour des grands, tant avec leur équipe nationale qu’avec leurs représentants en Coupe d’Europe, les Suisses doivent mettre tous les atouts de leur côté et éviter les dérapages. Ce qui n’est, de loin, pas le cas pour Grasshopper. Ni pour ses prédécesseurs. L’histoire se répète.
Jonathan Hirsch
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