Escroquerie de 85 millions: un financier brésilien plaide coupable
Star de la jet-set, né en Egypte, résident genevois avec passeport brésilien, S. M. est soupçonné depuis 1994 d'avoir spolié au moins 240 de ses clients. Jugé à Genève, il a décidé de plaider coupable.
Spécialisé dans les opérations à terme sur le marché des changes, S.M. était la coqueluche de personnalités étrangères, notamment françaises. Il comptait Christophe Tiozzo, l’ancien champion du monde de boxe, dans sa clientèle et recevait en amis aussi bien Jacques Chirac que Simone Veil, Raymond Barre et Laurent Fabius. Ses deux sociétés, Norit, implantée à Genève, et Gefipro, domiciliée en Valais, proposaient des rendements de 15%.
En 1994, tout s’écroule. S.M., dont la famille est très honorablement connue dans la Cité de Calvin, préfère disparaître. Il laisse un trou d’abord estimé à 150 millions de francs, puis ramené à 85 millions (59 pour Norit et 26 pour Gefipro).
Arrêté à l’Hôtel Bristol à Paris, inculpé pour «escroquerie, gestion déloyale, faux dans les titres, abus de confiance et banqueroute», le financier brésilien est extradé vers la Suisse. En avril 1995, il sort de prison en versant une caution de 500.000 francs. Depuis cette date, les bruits les plus divers courent sur l’identité de certains de ses clients.
Certaines rumeurs laissaient même entendre qu’il aurait géré la fortune de Mazarine, la fille de Mitterrand. «La grande difficulté dans ce dossier venait du fait que beaucoup de ses clients étrangers spoliés ne souhaitaient pas se manifester», constate Laurent Kasper-Ansermet, le juge d’instruction en charge du dossier. De son côté, S.M. n’avait jamais souhaité s’exprimer.
Défendu par Maître Alec Reymond, l’ancien financier, âgé de 56 ans, a décidé à l’ouverture de son procès d’assises, lundi, de reconnaître la plus grande partie des accusations portées contre lui et de réclamer la clémence du jury.
Durant toute cette semaine, S. M. sera confronté à 43 témoins et aux 38 parties civiles. Plusieurs banquiers de la Morgan Guaranty Trust, longtemps impliqués dans ce dossier, n’ont finalement pas été poursuivis pour cause de prescription.
Ian Hamel
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