Ex-dirigeants de Swissair sous enquête
Trois anciens cadres sont dans le collimateur de la justice zurichoise. Des documents ont été réunis auprès de particuliers et de sociétés.
Ces pièces à conviction ont été récoltés mardi dans les cantons de Bâle-Ville, de Genève, de Vaud et de Zurich, en collaboration avec les polices cantonales, indique le Ministère public pour les délits économiques au canton de Zurich.
A la fin mai, une perquisition au siège de la holding de Swissair Group, à Kloten, lui avait déjà permis de réunir 3 m³ de documents.
Les faits dont les anciens cadres sont soupçonnés relèvent de faux dans les titres, de la gestion déloyale et de faux renseignements sur des entreprises commerciales.
Le juge d’instruction responsable du dossier, Hanspeter Hirt, refuse d’en dire plus. Voire de donner des indications sur l’identité des personnes impliquées.
En 2001 déjà
Le communiqué de mardi souligne que la justice zurichoise s’occupe du cas depuis février/mars 2001, au début de la débâcle du groupe.
Une procédure préliminaire avait été ouverte à la suite de soupçons contre la direction, qui aurait caché des faits importants entre 1998 et 2001. Le ministère public cite plusieurs exemples.
Ainsi, dans ses rapports 1998 et 1999, Swissair Group n’a pas mentionné les engagements conditionnels en rapport avec des put-options (obligations d’achat).
Les besoins de provisionnement pour le financement de la participation dans LTU en Allemagne ne figurent pas non plus au rapport 2000.
Enfin, l’ancien groupe de transport aérien n’a pas diffusé d’alerte sur ses résultats, après qu’un analyste du Credit Suisse Group eut prédit une perte d’au moins 500 millions de francs au premier semestre 2000.
Pour mémoire, au final, les comptes 2000 ont été bouclés avec une perte de 2,9 milliards de francs.
Trois ans pour exploiter les documents
Les soupçons initiaux devenant plus concrets, la procédure préliminaire s’est transformée en enquête au début de l’été 2001. Depuis, des documents ont aussi été récoltés auprès des banques créancières.
L’action de mardi a été rendue nécessaire par les déclarations des témoins et le contenu des documents déjà réunis.
Le dossier est loin d’être bouclé. L’exploitation des documents prendra trois ans. En attendant de possibles auditions.
swissinfo avec les agences
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