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Faute de soutien, les sportives restent dans l’ombre

Les grises mines d'Engelberg ont fait place aux sourires à Briançon. Keystone Archive

Les hockeyeuses de l'équipe nationale viennent de remporter la finale du tournoi B face au Japon à Briançon, accédant du même coup au groupe A. Mais cet exploit, comme les prestations de leurs consoeurs d'autres disciplines, restent dans l'anonymat. La lumière et l'argent, c'est pour les garçons!

L’échec de l’an dernier leur a servi de leçon. En terres françaises, les Suissesses ont recollé contre le Japon les morceaux de leur rêve d’ascension, brisé l’an dernier par les joueuses du Kazakhstan. Cette victoire 2 à 1 face aux nippones leur ouvrent la porte des prochains championnats du monde du groupe A en 2003, au pays du soleil levant.

Brièvement relaté par les médias, ignoré du grand public, cet exploit, qui intervient quelques semaines après la cruelle désillusion d’Engelberg – les Suissesses y ont manqué leur qualification pour les Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002 – est le symbole d’un manque de considération pour les sports d’équipe féminins en Suisse.

«Le fait que les prestations des équipes nationales féminines ne soient relatées qu’avec parcimonie par les médias n’est pas nouveau. Le manque de résultats probants y est sans doute pour quelque chose», affirme Werner Augsburger, directeur technique de l’Association olympique suisse (AOS).

Et il poursuit, «à la base, les budgets réduits des différentes fédérations leur imposent de faire des choix. Les soutiens financiers profitent aux hommes. L’investissement dans le sport féminin doit être considéré comme un processus à long terme».

Ainsi, le manque de résultats a des répercussions sur d’éventuels soutiens financiers. Mais sans argent, il est également difficile de constituer des équipes compétitives. Un inextricable cercle vicieux.

Sur le plan privé, personne n’est prêt à investir sur le long terme et sans garanties. Et l’AOS n’échappe pas à cette logique.

En cas de qualification des hockeyeuses suisses aux prochains Jeux olympiques, elle aurait débloqué les fonds nécessaires pour leurs permettre de s’entraîner de manière quasi-professionnelle en vue de cette échéance. Cela ne sera malheureusement pas le cas. Ces fonds seront donc investis ailleurs. Question de priorité.

Mathias Froidevaux

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