Forum de Davos: les ONG posent leurs conditions
La polémique se poursuit autour des mesures de sécurité qui ont accompagné cette année le Forum économique mondial. Les ONG qui participent à cette réunion ont décidé d'intervenir auprès des organisateurs et du gouvernement suisse.
La menace planait depuis ce week-end, suite aux mesures de sécurité sans précédent prises par les autorités pour éviter toute manifestation, samedi à Davos. Mais finalement, les représentants d’ONG – parmi elles Amnesty International, le WWF ou Greenpeace – se sont résolues lundi à ne pas claquer la porte du Forum.
Ces organisations non-gouvernementales – une quinzaine – ont par contre décidé de s’adresser par lettre, à la fois au président de la Confédération et aux responsables de réunion de Davos. Elles regrettent le fait que les autorités suisses aient transformé la station grisonne en «forteresse».
«Je crois qu’il y a eu une réaction excessive, explique ainsi Pierre Sané, le secrétaire-général d’Amnesty International. La police aurait pu s’assurer que, tout en faisant en sorte que la réunion puisse se dérouler de manière sûre, cela n’entraîne pas nécessairement des violations du droit à l’assemblée, à l’expression libre et à la manifestation pacifique».
Quant au Forum, les ONG lui demandent de se prononcer clairement en faveur de la liberté de réunion et de faire en sorte que des mesures soient prises pour assurer ce droit, l’année prochaine. Et elles fixent un délai: septembre prochain.
Le Forum, quant à lui, a salué l’esprit de cette lettre et confirmé son attachement au respect de la liberté d’expression. Mais son directeur opérationnel, Claude Smadja, a précisé que si le Forum s’engageait à collaborer avec les ONG, il ne pouvait pas, par contre, s’avancer sur des mesures concrètes.
Claude Smadja a encore rappelé que ce sont les autorités suisses qui ont assumé la responsabilité de la sécurité de la réunion. Et surtout que l’interdiction de manifester avait été prise tout à fait démocratiquement, sur la base des menaces proférées par certains activistes anti-mondialisation.
De part et d’autre, on a tenu à préciser que le dialogue n’était pas rompu entre les ONG et le Forum. Mais lors de la conférence de presse des ONG, à laquelle participait Claude Smadja, l’atmosphère s’est tendue à plusieurs reprises. Faisant référence aux propos du directeur opérationnel du Forum, Pierre Sané a même parlé d’attitude condescendante.
Les représentants des ONG attendent désormais une réponse écrite du Forum, les assurances donnée par Claude Samdaj ne les ayant pas satisfaites. Mais ils pas non plus clairement menacé de claquer la porte du Forum. Il reviendra à chaque organisation de se prononcer.
Pierre Gobet, Davos
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