Immigration: parcours d’obstacle dissuasif pour les Turcs
Pour limiter l'ampleur de l'immigration illégale, les services consulaires suisses chargés d'attribuer les visas sont en première ligne. A eux de détecter les futurs immigrés clandestins parmi les candidats au visa. Exemple à Istanbul.
Vous êtes Turc ou bien Kurde et vous voulez vous rendre en Suisse soit pour y trouver un travail, soit pour y demander l’asile politique. Première solution: passer par les filières clandestines. C’est coûteux, aléatoire et dangereux.
Deuxième solution: obtenir un visa de quelques semaines auprès des services consulaires suisses à Istanbul ou à Ankara. Une fois en Suisse, à vous d’y rester. A Istanbul, nos employées consulaires, quatre jeunes femmes turques chaperonnées par le consul de Suisse doivent donc d’abord s’assurer des vrais motifs du candidat au visa.
«Un tiers des Turcs qui veulent un visa vont en Suisse pour leurs affaires, l’autre tiers pour y faire du tourisme. Le dernier tiers, les Turcs les plus modestes, vont rendre visite à des parents immigrés», explique-t-on ici.
Si le postulant ne peut pas produire d’invitation en bonne et due forme ou bien si les employées ne sont pas convaincues, le visa est refusé. Puis ce sont ses ressources qui sont passées au crible. Si celles-ci sont jugées insuffisantes, les hôtes du candidat au visa, devront s’engager à payer d’éventuels frais à hauteur de 20 000 francs.
«Nous voulons être assurés qu’il pourra financer son séjour en Suisse», explique une employée. De nombreux justificatifs sont exigés, ce qui décourage plus d’un candidat au départ. Et, net progrès, le service des visas d’Istanbul est équipé depuis peu d’un système informatique sophistiqué qui permet de vérifier, directement avec Berne, l’identité de chaque candidat.
«L’année dernière, sur environ 23 000 dossiers en bonne et due forme, nous en avons rejeté à peu près 1000», explique Ernst Steinmann, consul de Suisse à Istanbul.
Le plus difficile? Détecter les faux certificats, fausses invitations et même faux papiers à en-têtes très officiels! Mais les faussaires ont perdu une manche: en septembre, l’administration fédérale a livré de nouvelles étiquettes autocollantes pour des visas supposés, eux, infalsifiables!
Ariane Bonzon, Istanbul
Le dimanche 21 janvier à 19 heures, l’émission Mise au point (TSR) consacre un reportage à ce thème: «Visa ou pas visa?».
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