L’affaire de Kloten ravive les passions à Bâle et Genève
Les nuisances sonores provoquées par les aéroports de Genève-Cointrin et de Bâle-Mulhouse continuent d'irriter leurs riverains respectifs. Une colère ravivée par le dossier Zurich-Kloten qui oppose la Suisse à l'Allemagne.
Dans une prise de position publiée le 22 août, les directions de Genève-Cointrin et de Bâle-Muhlouse se sont solidarisées avec Zurich-Kloten. Craignant un précédent, elles ont même poussé Moritz Leuenberger à la fermeté.
Les signataires de ce texte invoquent le risque d’un précédent catastrophique pour l’aviation civile, si le ministre suisse des Transports ne se montre pas ferme mardi. «L’affaire de Kloten pourrait faire tâche d’huile», avertit Philippe Roy, porte-parole de l’aéroport de Genève.
De fait, les riverains de la région bâloise ont récemment dénoncé les risques engendrés par le trafic aérien. Ils estiment que l’aéroport de Bâle-Mulhouse représente une menace quatre fois plus importante que l’industrie chimique.
L’association des riverains veut que cette notion de risque soit mieux prise en compte. En attendant, elle exige une diminution du nombre de vol à 100 000 par année et une limitation du survol des zones d’habitation.
Série de recours à Genève
Du côté de Genève-Cointrin, les associations de riverains n’ont pas fait de déclarations fracassantes récemment. Mais leur envie d’en découdre n’en est pas moins grande.
Elles ont, en effet, déposé une série de recours contre le renouvellement de la concession accordée à l’aéroport de Genève par la Confédération au début de l’année.
Selon Gérald Page, président de l’association des riverains de l’aéroport de Genève, ces recours visent, en particulier, le règlement d’exploitation qui découle de la concession. Un règlement jugé trop peu contraignant.
L’association genevoise se plaint également de l’augmentation des vols de nuit et du bruit causé par les petits avions de tourisme. Mais c’est avant tout l’augmentation prévisible du trafic aérien qui inquiète les riverains.
Les riverains français laissés pour compte
Une crainte partagée par les riverains français de Cointrin. Selon l’association gessienne contre les nuisances des avions (AGCNA), l’intérêt des riverains français n’est pas suffisamment pris en compte.
«Il n’y a aucune convention entre la France et la Suisse qui réglemente le survol du territoire français», s’indigne André Looten, président de l’AGCNA. Une situation qu’il espère bien corriger.
La commission consultative mise en place par le canton de Genève n’a donc pas réussi à désamorcer les conflits. Gérald Page l’a considère comme un alibi aux mains de la direction de l’aéroport et songe même à la quitter.
A l’instar des riverains bâlois, les communes et les associations concernées par l’aéroport de Genève veulent donc mieux se faire entendre. Et elles envisagent une campagne en direction du grand public pour le sensibiliser à leurs problèmes.
Frédéric Burnand
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