La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

L’affaire de Kloten ravive les passions à Bâle et Genève

L’association genevoise se plaint notamment de l’augmentation des vols de nuit et du bruit causé par les petits avions de tourisme. Keystone Archive

Les nuisances sonores provoquées par les aéroports de Genève-Cointrin et de Bâle-Mulhouse continuent d'irriter leurs riverains respectifs. Une colère ravivée par le dossier Zurich-Kloten qui oppose la Suisse à l'Allemagne.

Dans une prise de position publiée le 22 août, les directions de Genève-Cointrin et de Bâle-Muhlouse se sont solidarisées avec Zurich-Kloten. Craignant un précédent, elles ont même poussé Moritz Leuenberger à la fermeté.

Les signataires de ce texte invoquent le risque d’un précédent catastrophique pour l’aviation civile, si le ministre suisse des Transports ne se montre pas ferme mardi. «L’affaire de Kloten pourrait faire tâche d’huile», avertit Philippe Roy, porte-parole de l’aéroport de Genève.

De fait, les riverains de la région bâloise ont récemment dénoncé les risques engendrés par le trafic aérien. Ils estiment que l’aéroport de Bâle-Mulhouse représente une menace quatre fois plus importante que l’industrie chimique.

L’association des riverains veut que cette notion de risque soit mieux prise en compte. En attendant, elle exige une diminution du nombre de vol à 100 000 par année et une limitation du survol des zones d’habitation.

Série de recours à Genève

Du côté de Genève-Cointrin, les associations de riverains n’ont pas fait de déclarations fracassantes récemment. Mais leur envie d’en découdre n’en est pas moins grande.

Elles ont, en effet, déposé une série de recours contre le renouvellement de la concession accordée à l’aéroport de Genève par la Confédération au début de l’année.

Selon Gérald Page, président de l’association des riverains de l’aéroport de Genève, ces recours visent, en particulier, le règlement d’exploitation qui découle de la concession. Un règlement jugé trop peu contraignant.

L’association genevoise se plaint également de l’augmentation des vols de nuit et du bruit causé par les petits avions de tourisme. Mais c’est avant tout l’augmentation prévisible du trafic aérien qui inquiète les riverains.

Les riverains français laissés pour compte

Une crainte partagée par les riverains français de Cointrin. Selon l’association gessienne contre les nuisances des avions (AGCNA), l’intérêt des riverains français n’est pas suffisamment pris en compte.

«Il n’y a aucune convention entre la France et la Suisse qui réglemente le survol du territoire français», s’indigne André Looten, président de l’AGCNA. Une situation qu’il espère bien corriger.

La commission consultative mise en place par le canton de Genève n’a donc pas réussi à désamorcer les conflits. Gérald Page l’a considère comme un alibi aux mains de la direction de l’aéroport et songe même à la quitter.

A l’instar des riverains bâlois, les communes et les associations concernées par l’aéroport de Genève veulent donc mieux se faire entendre. Et elles envisagent une campagne en direction du grand public pour le sensibiliser à leurs problèmes.

Frédéric Burnand

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision