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L’Espagne, la France, la Belgique et la Suisse laissent Pinochet s’envoler

Dix-sept mois après son arrestation à Londres, l'ex-dictateur chilien a été libéré jeudi pour des raisons humanitaires. Une décision qui annule les procédures d’extradition engagées par l'Espagne, la Belgique, la France et la Suisse.

Dix-sept mois après son arrestation à Londres, l’ex-dictateur chilien a été libéré jeudi pour des raisons humanitaires. Une décision qui annule les procédures d’extradition engagées par l’Espagne, la Belgique, la France et la Suisse.

«La décision du ministre britannique de l’Intérieur, Jack Straw, est un camouflet pour les victimes de la junte chilienne et pour les autorités judiciaires qui ne tolèrent plus l’impunité pour ce type de dictateur», a déclaré Bernard Bertossa.

Mais le procureur genevois, qui est à l’origine de la demande d’extradition helvétique, n’est pas pour autant surpris: «Hypocritement, Jack Straw avait donné des délais aux Etats étrangers pour fournir leurs observations sur son intention de laisser partir Augusto Pinochet pour raison médicale. Mais je ne me faisais pas d’illusion».

De fait, Jack Straw a balayé ce jeudi les observations transmises par l’Espagne, la Belgique, la France et la Suisse en réaffirmant que «le procès d’un accusé dans l’état de santé actuel du sénateur Pinochet ne pourrait être un procès équitable dans aucun pays».

Jack Straw a également court-circuité les dernières possibilités de recours devant la Haute cour de justice britannique en libérant Augusto Pinochet deux heures avant l’ouverture des tribunaux. Les gouvernements espagnol et belge ont donc renoncé à faire appel, tout comme les ONG impliquées dans l’affaire.

La France, par la bouche de son président Jacques Chirac, a fait savoir qu’elle regrettait la décision britannique et qu’elle souhaitait que l’ancien dictateur soit jugé au Chili. Un souhait partagé par la communauté des Chiliens de Suisse. De son côté, Berne examine la suite à donner à cette affaire. Mais le procureur Bernard Bertossa a déjà écarté la possibilité d’un recours.

Pour autant, la procédure engagée en Suisse n’est pas close. Elle repose, en effet, sur la plainte de la famille d’un disparu, Alexis Jaccard, ayant la double nationalité suisse et chilienne.

Alexis Jaccard a disparu en mai 1977, à l’âge de 25 ans, dans les rues de Buenos Aires, en Argentine. Les conditions de sa disparition laissent supposer qu’il a été victime de l’opération «Condor», menée conjointement par les militaires argentins et chiliens. Augusto Pinochet n’est donc pas le seul présumé coupable de cette disparition.

Enfin, l’affaire Pinochet aura malgré tout permis d’écorner l’impunité dont jouissaient les anciens dictateurs. Mais pour Bernard Bertossa, cette saga judiciaire souligne tout de même la faiblesse des justices nationales. Selon le procureur genevois, la nécessité d’une cour pénale internationale n’en est que plus évidente.

Frédéric Burnand

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