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L’expert de l’affaire Gaon condamné

La justice genevoise reconnaît Pierre C. coupable d'instigation à l'extorsion dans l'affaire Gaon. Il écope de six mois d'emprisonnement avec sursis

Cette triste histoire remonte à 1994. Le procureur Laurent Kasper-Ansermet qui émet des doutes sur la santé financière du groupe Noga, appartenant au financier genevois Nessim Gaon, charge un expert non-assermenté, Pierre C., d’enquêter sur le propriétaire du Noga Hilton.

Pour mener à bien sa mission, l’expert se fait seconder par un agent immobilier vaudois, Gérard W. Les deux hommes, recrutés en novembre 1994, tentent un mois plus tard, le 15 décembre 1994 de faire chanter les dirigeants de Noga.

Extorsion de fonds ou piège

Comme le reconnaît Pierre C. dans ses aveux signés en avril 1997, ils vont essayer de transformer «le mandat d’expertise en une coopération avec l’équipe Noga contre une rémunération monétaire». Une rémunération de deux millions de francs.

Début mai, soit plus de sept ans après les faits, Pierre C. était jugé par le Tribunal de police de Genève pour tentative de corruption. Son complice, actuellement incarcéré pour d’autres délits, avait refusé de quitter sa cellule. Modifiant totalement son témoignage, l’expert jurait qu’il ne s’agissait plus d’une tentative d’extorsion de fonds, mais d’un piège tendu à Nessim Gaon.

Pierre C. ajoutait que ce piège aurait été préparé avec la complicité du procureur Laurent Kasper-Ansermet, ce que ce dernier a toujours démenti. Apparemment, le tribunal n’a pas été convaincu par les versions successives de cet étrange expert.

Il l’a reconnu coupable d’investigation à l’extorsion et condamné à six mois de prison avec sursis. Christian Luscher, l’avocat de l’expert, a déjà annoncé qu’il allait recourir contre ce jugement, qualifiant ce verdict d’«ahurissant».

Deux incendies intentionnels

Le procès avait moins été celui de Pierre C. que celui de l’ancien procureur Laurent Kasper-Ansermet. Les avocats de l’expert, comme ceux de Nessim Gaon, s’étaient relayés à la barre pour dénoncer les méthodes un peu particulières de la justice genevoise.

Incontestablement, l’ancien bras droit de Bernard Bertossa n’a pas eu la main heureuse en recrutant des personnages aussi controversés. Gérard W. purge actuellement une peine de prison pour deux incendies intentionnels allumés dans deux de ses immeubles pour toucher l’assurance !

Mais contrairement à Pierre C., Gérard W. n’est jamais revenu sur ses aveux dans l’affaire Noga: ils auraient bien tenté de faire chanter Nessim Gaon pour lui extorquer deux millions de francs.

swissinfo/Ian Hamel

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