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La famille royale saoudienne a-t-elle financé le terrorisme?

Le roi Fahd est actuellement en Suisse. Keystone Archive

L'avocat américain Ron Motley accuse la famille royale d'Arabie Saoudite d'avoir soutenu Al-Qaeda.

Le roi Fahd d’Arabie Saoudite aurait pu espérer un séjour plus tranquille sur les bords du lac Leman. Le souverain, déjà très affaibli (il est âgé de 81 ans), risque d’affronter l’une des crises les plus graves de son régime. L’attaque vient cette fois des Etats-Unis et plus précisément de l’avocat Ron Motley.

Agé de 58 ans, il s’est rendu célèbre en faisant condamner les fabricants de tabac à une amende de 246 milliards de dollars! Cet homme, dont le cabinet emploie 500 juristes, s’est aussi illustré dans le procès du sang contaminé et dans celui de l’amiante.

Cette fois, aidé par le détective privé Terry Lenzner, et par le Français Jean-Charles Brisard, à la tête d’une société d’investigations financières, Ron Motley compte poursuivre la famille royale saoudienne, au nom des victimes des attentats du 11 septembre.

Le chef des services à Genève

L’avocat accuse le roi Fahd et son entourage d’avoir financé Al-Qaeda, l’organisation terroriste d’Oussama Ben Laden. Une accusation particulièrement grave, mais qui ne surprendra pas les spécialistes des organisations fondamentalistes.

Au lendemain même des attentats du 11 septembre, les autorités américaines ont convoqué Bandar Ben Sultan, l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington, et fils du prince Sultan, ministre de la Défense, pour dénoncer l’ambivalence de la monarchie saoudienne à l’égard des islamistes.

C’est la GID, les services secrets saoudiens qui financent l’ISI, les services secrets pakistanais, qui eux-mêmes soutenaient les Taliban. Et ce n’est pas un hasard, l’actuel patron du GID, le prince Nayef Bin Abdel Aziz, est actuellement à Genève, aux côtés du roi Fahd.

L’auteur de «La vérité interdite»

Pour stopper le courroux des Américains, Nayef Bin Abdel Aziz a lancé depuis Genève, le 17 juin dernier, une vague d’arrestations d’islamistes en Arabie Saoudite. Mais il semble que cette opération arrive trop tard. Ron Motley, qui défend une centaine de familles de victimes du 11 septembre, est bien décidé à réclamer des milliards de dollars au régime saoudien.

Il détiendrait déjà la preuve qu’au moins sept membres de la famille régnante saoudienne auraient financé Oussama Ben Laden. Jean-Charles Brisard a été l’un des premiers à mettre l’accent sur le double jeu de l’Arabie Saoudite. Il est l’auteur, avec Guillaume Dasquié, de «La vérité interdite».

Ce succès de librairie, traduit en anglais, en italien et en allemand, est toujours interdit en Suisse. Jean-Charles Brisard soupçonne Yeslam Binladin, le demi-frère d’Oussama, un financier établi à Genève, et naturalisé suisse, d’entretenir toujours des liens avec l’auteur présumé des attentats du 11 septembre.

Yeslam Binladin, qui a vigoureusement dénoncé ces crimes, dément tout lien avec ce demi-frère qu’il n’aurait plus vu, assure-t-il, depuis 1981.

swissinfo/Ian Hamel

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