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La peur des casseurs

Pour l'édition 2001, l'armée est mobilisée en force. Keystone

Davos est, chaque année, le rendez-vous du gotha mondial. Luxe, calme et discrétion? Pas sûr, l'édition 2001 du Forum sera accompagnée de mesures de sécurité sans précédent. On redoute, en effet, des violences, sur le modèle de celles de Seattle, Prague, ou Nice.

«Davos va brûler», titrait au début du mois le quotidien de boulevard suisse alémanique Blick, toujours prompt, il est vrai, à la dramatisation. N’empêche, les menaces proférées par certains opposants au Forum inquiètent. «Il s’agit du plus grand défi lancé à la police cantonale des Grisons depuis sa fondation en 1804», peut-on ainsi lire dans un communiqué officiel.

«Il suffit d’ailleurs de consulter l’Internet pour constater que les adversaires – comme nous devons les appeler maintenant – semblent prêts à recourir à la violence», explique Daniel Reist, porte-parole du Corps des gardes-fortifications, des soldats professionnels que Berne envoie en renfort.

Le Conseil fédéral est même prêt à engager jusqu’à 600 militaires pour prêter main forte aux forces de l’ordre grisonnes, déjà épaulées par des contingents policiers venus d’un peu toute la Suisse.

Les opposants à la réunion de Davos affichent, il est vrai, leur rage sur le WEB. La Coordination anti-OMC appelle ainsi à «se débarrasser» du Forum, qualifié de «bureau politique du capitalisme néo-libéral».

Et l’une de ses membres – qui souhaite garder l’anonymat – de préciser: «notre but est clairement de bloquer le Forum, par des moyens pacifiques.» Elle refuse toutefois de condamner par avance les responsables de violences éventuelles.

Ce que l’on redoute, ce sont les violences qu’ont connues Seattle fin 1999 (conférence de l’OMC) ou encore Prague en septembre 2000 (réunion du FMI et de la Banque mondiale). A Davos, d’ailleurs, l’an dernier, la manifestation, interdite par les autorités, avait débouché sur des heurts.

C’est le même scénario qui risque de se répéter, cette année. Une nouvelle marche, elle aussi sans autorisation, est organisée samedi par la Coordination anti-OMC dans le centre de Davos, afin de protester contre la tenue du Forum.

«Il n’est manifestement plus possible d’organiser des rencontres sur le thème de la mondialisation sans que celles-ci fassent l’objet de troubles», jugent les autorités grisonnes.

«On a fini par l’admettre au sein de la communauté internationale, ajoute même Claude Smadja, directeur opérationnel du Forum économique mondial. Cela fait partie de l’ordre des choses et cela finira par passer».

Le Forum a pris la température et se déclare soulagé de constater qu’aucune inquiétude particulière règne parmi ses membres. Les désistements sont même, selon Claude Smadja, moins nombreux cette année que les années précédentes.

Le Forum s’en remet d’ailleurs entièrement aux autorités pour assurer le bon déroulement de la réunion. Et la sécurité d’une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement.

D’ailleurs, en plus du déploiement policier sans précédent, le Conseil fédéral a décider d’interdire l’entrée sur territoire national d’environ 300 activistes étrangers, connus – selon Berne – pour avoir fait preuve d’un comportement violent lors de précédentes manifestations.

C’est la preuve qu’à un mouvement de contestation devenu mondial répond un effort policier lui-aussi international. Ainsi une réunion avait permis, début décembre à Berne, de rassembler des représentants des cantons, de la Confédération, des autorités tchèques, américaines et australiennes. Motif: «échange d’expériences».

Pierre Gobet

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