La Suisse attaque, marque et gagne
A Zurich, devant 8 000 spectateurs seulement, l'équipe nationale helvétique a battu le Luxembourg: 5 à 0, en éliminatoire de la Coupe du monde 2002. Avec, notamment, un hat-trick du néophyte Alex Frei.
Nous sommes à la 8ème minute de jeu et la Suisse domine le Luxembourg. Vogel perd la balle à mi-terrain. Mais il insiste et se rattrape par une excellente intervention. Le no 6 helvétique peut alors adresser une ouverture millimétrée pour Frei qui, d’un tir croisé, ne laisse aucune chance au portier du Grand-Duché. La Suisse mène 1 à 0. Et c’est le premier goal du jeune Frei en équipe nationale A.
A la 32ème minute, Chapuisat, qui n’avait pour ainsi rien montré jusque là, met trois hommes dans le vent, par une succession de feintes. Et prolonge le cuir sur Frei qui, à bout portant, crucifie à nouveau le gardien luxembourgeois.
Frei? C’est vraiment l’homme en forme du moment. Il joue des deux pieds et marque dans toutes les positions. Hier avec Servette, aujourd’hui avec la Suisse. Il n’est pas sans nous rappeler un certain Fritz Künzli des années de gloire du FC Zurich de Köbi Kuhn.
Un autre homme grandit au milieu du terrain, c’est Lombardo. Il joue avec le no 7 dans le dos, mais c’est comme s’il devenait petit à petit le no 10 de cette équipe de Suisse. Tant il illumine le jeu de sa technique individuelle et de sa clairvoyance. Hodgson avait Alain Sutter. Trossero peut compter sur Lombardo.
En seconde mi-temps, la Suisse a quelque peu perdu de sa superbe. Mais elle ne sait pas déconcentrée. Elle avait fait le plus gros en première période: marquer rapidement, puis se mettre à l’abri par deux longueurs d’avance.
A nouveau, Chapuisat a tenu le rôle d’homme providentiel. Par un coup franc indirect que Lonfat finit par pousser au fond des filets, après que le gardien luxembourgeois eût laissé glisser le cuir entre ses jambes (64ème). Et par un très beau tir dans la lucarne, à la 73ème minute de jeu.
Si Vogel se révéla une intelligente plaque tournante pour la Nati, le néophyte Frei fut insolent de culot. En pleine confiance, le néo-servettien fit trembler une troisième fois les filets du Grand-Duché, en fin de rencontre.
La Suisse scellait ainsi un score de 5 à 0 en sa faveur. Alors que le Luxembourg, lui, pliait sous le poids d’une nouvelle déroute, après l’expulsion de son entraîneur Philipp et de sa défaite devant les Iles Féroé, samedi dernier.
On savait la Suisse capable de défendre, de résister, depuis samedi à Belgrade. On l’a vue, mercredi soir, apte à attaquer, à se créer de véritables occasions de buts, dignes de ce nom. Ce qui était loin d’être une évidence. Oui, une équipe est née. Celle de la «Nationale suisse» du duo des gauchos argentins, Trossero-Romeo.
Emmanuel Manzi
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