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La Suisse confrontée à l’errance des Roms

La plupart des Rroms qui tentent leur chance en Suisse aujourd’hui viennent des villes. Keystone Archive

Les Tziganes de Roumanie fraîchement débarqués en Suisse seront vraisemblablement refoulés.

Comme d’autres pays européens, la Suisse ne les considère pas comme des réfugiés. Pourtant, ils sont victimes de discrimination dans leur pays.

Dissuader au plus vite les Tziganes de Roumanie de venir en Suisse. Telle est la réaction unanime des autorités helvétiques, locales ou fédérales face au nombre croissant de Roms qui arrivent clandestinement en Suisse romande.

Le gouvernement suisse considère en effet la Roumanie comme un pays sûr. Les Tziganes qui y vivent n’y subiraient donc pas de discriminations suffisamment graves pour justifier l’octroi par Berne du statut de réfugié.

Une position commune à l’Europe

Cette position est partagée par d’autres pays européens confrontés à la même situation ainsi que par le HCR, le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés.

«Pour être réfugié, il faut être réellement menacé de persécution en raison de son appartenance ethnique, politique, religieuse ou sociale», rappelle Rupert Colville, porte-parole du HCR.

Officiellement, les Roms jouissent des même droits que les autres citoyens roumains. Mais dans les faits, leur situation est très difficile. C’est ce qu’a pu constater un reporter vaudois qui a effectué de multiples voyages en Roumanie ces dix dernières années.

«Ils peuvent facilement remplir les critères du HCR pour pouvoir bénéficier du statut de réfugié», témoigne Yves Leresche qui a consacré ses nombreux séjours à côtoyer les Tziganes de Roumanie qui font l’objet d’un livre* qui vient de paraître.

«La plupart des Roms qui tentent leur chance en Suisse aujourd’hui viennent des villes», précise Yves Leresche.

«Ils ont été sédentarisés à l’époque de Ceausescu pour participer au développement industriel du pays. Une politique qui a brisé leur culture.»

Un cercle vicieux

Selon le photographe vaudois, la plupart de ces Tziganes sont aujourd’hui au chômage. A cause des discriminations dont ils sont victimes et de leur manque de formation.

«La plupart ont quitté très tôt l’école pour des raisons liées à leur mode de vie – ils se marient très jeunes. Et, poursuit Yves Leresche, parce qu’ils sont rejetés par le système scolaire.»

«Ils sont relégués tout au bas de l’échelle sociale. En état de survie, ils essayent de tirer profit de chaque échange avec les ‘gadjé’ (les non-Tziganes), en Roumanie comme dans le reste de l’Europe».

Une attitude très mal perçue et qui renforce encore l’ostracisme dont ils sont victimes. «C’est un cercle vicieux, dont il est difficile de sortir», conclut Yves Leresche.

swissinfo/Frédéric Burnand à Genève

* «Rrom, les Rroms de Roumanie», Yves Leresche et Blaise Villa, Editions In Folio, 2002.

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