La Suisse libère un Français impliqué dans un trafic d’armes au profit du Kosovo
Emprisonné depuis juillet 2000, J-P C., un Français de 50 ans, a versé une caution de 300 000 francs pour sa libération. En 1999, il avait reçu 4,5 millions de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) pour se procurer des armes.
L’histoire commence comme un roman d’espionnage. J-P C., originaire de la Haute-Savoie, possède une société à Genève. Il est approché en Suisse par des Kosovars qui souhaitent aider l’UCK. Entre avril et juillet 1999, J-P C. va recevoir 4,5 millions de francs, remis à Aarau, Genève et Zurich.
Des roquettes, des lance-roquettes et des grenades seront achetés en Bulgarie et expédiés en juillet 1999 à destination de l’Albanie. A aucun moment les armes ne transitent par la Suisse. Seulement voilà, depuis mars 1999, la justice peut ouvrir une procédure si les transactions financières passent, elles, par la Confédération.
«A un ou deux mois près, mon client n’aurait pas été inquiété», commente Robert Assaël, l’avocat de J-P C. La justice suisse s’est montrée particulièrement sévère avec ce commerçant français qui affirme n’avoir jamais, précédemment, vendu des armes.
Arrêté le 7 juillet 2000 par la police fédérale, inculpé de violation grave de la loi sur le matériel de guerre, J-P C. a subi pas moins de cinquante-deux interrogatoires musclés. Depuis août, il était emprisonné à Champ-Dollon.
Le juge Michel Graber, chargé d’instruire le dossier à la demande de la Confédération, avait initialement fixé sa caution à 500 000 francs. Elle est finalement descendue à 300 000 francs, l’homme d’affaires français étant dans une situation financière difficile.
De plus, sa fille, pour prouver sa bonne foi, a restitué 400 000 francs à la justice suisse. «La Suisse ne peut pas être qualifiée de plaque tournante pour ce type de trafic», souligne Jurg Blaser, porte-parole du Ministère public de la Confédération.
Ian Hamel
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