La Suisse veut des mesures contre le racisme quotidien
A Durban, la délégation suisse entend se consacrer à ce qui constitue l'objectif fondamental de la Conférence mondiale contre le racisme, c'est-à-dire les moyens concrets de prévenir et d'éradiquer les discriminations telles qu'elles se manifestent au quotidien.
La délégation suisse à la Conférence mondiale contre le racisme qui s’ouvre ce vendredi à Durban, n’entrera pas dans les polémiques. Elle renouvellera les revendications qu’elle a déjà formulées lors des sessions préparatoires et qu’elle tire de sa propre expérience.
Il s’agit d’encourager la création d’institutions nationales de lutte contre le racisme: celles-ci devraient alors jouir d’une véritable indépendance politique et disposer de ressources financières suffisantes.
Lutter contre les sites racistes
La Suisse souhaite garantir aux victimes de discriminations – les femmes en particulier – l’accès à des centres de conseil et des voies de droit pour des dédommagements ou des indemnisations. Il y a aussi la nécessité de poursuivre d’office les actes racistes, ce qui revient à dire que la justice poursuit automatiquement les auteurs de délits racistes sans attendre que leurs victimes portent plainte.
L’un des autres objectifs visés concerne la lutte contre les sites racistes sur internet grâce à une collaboration internationale sur les plans politique et juridique: «la Toile ne doit pas rester un espace dans lequel des actes relevant du droit pénal peuvent être commis en toute impunité».
Il s’agit également de veiller au respect du droit international humanitaire qui constitue «un standard minimal non négociable contre les discriminations»: le racisme est souvent la cause ou la conséquence des conflits armés actuels.
La Suisse souhaite également s’engager davantage contre la discrimination dans les domaines éducatif et scolaire: quels que soient leur sexe, leur origine ou leur religion, etc., les enfants ont droit à une égalité d’accès à la formation.
Les sans-papiers
Toutes ces propositions concernent la vie quotidienne. Si l’on veut se convaincre de leur actualité, il suffit par exemple de se référer au débat qui a lieu ces jours-ci dans le canton de Fribourg sur la scolarisation des enfants de clandestins.
Pour les ONG suisses, les questions des sans-papiers et du droit des étrangers constituent les deux dossiers chauds de la lutte contre le racisme au niveau national. Pour les militants antiracisme, l’un des défis auxquels la Suisse se voit aujourd’hui confrontée est précisément d’éviter toute pratique discriminatoire dans sa politique d’asile et de migration.
Bernard Weissbrodt
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