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La violence au pilori

De jeunes Suisses avaient aussi subi la violence policière à Gênes. Keystone

Un mois après les violences du sommet du G8 à Gênes, les militants anti-globalisation se souviennent. Lundi, à Bâle et à Lucerne, ainsi que dans plusieurs autres villes d'Europe et d'Amérique, ils ont protesté contre la répression policière. Et certains d'entre eux ont entamé une réflexion sur la violence.

«Pour une résistance globale, contre l’exploitation et la répression». C’est avec ce slogan que les organisateurs de la journée d’action de Bâle et de Lucerne avaient appelé à manifester.

Ils entendaient également apporter un soutien au neuf Suisses arrêtés à Gênes. Certes, ces manifestants ont été libérés le 26 juillet. Mais, ils font toujours l’objet de poursuites judiciaires et de mesures d’expulsion.

Conséquences particulièrement lourdes

Selon l’un des avocats italiens de ces neuf Suisses, ces mesures d’expulsion ont des conséquences particulièrement lourdes. «Elles sont sans fondement affirme à swissinfo Maître Massimo Pastore. Pire, elles figureront pendant 5 ans dans le système d’information de Schengen.»

Dans une lettre transmise au ministère italien des Affaires étrangères il y a deux semaines, le gouvernement suisse a d’ailleurs demandé que ces mesures soient levées. Et que les neuf Suisses en question ne subissent aucune conséquences négatives découlant de leur arrestation.

De leur coté, une partie des Suisses qui ont été incarcérés à Gênes s’apprêtent à porter plainte contre l’Etat italien. D’autres manifestants européens devraient les imiter.

«Les casseurs ne sont pas nos alliés»

Mais la violence n’est pas uniquement le fait des policiers. Aujourd’hui, le mouvement antiglobalisation se démarque des méthodes de plus en plus dures utilisées par des extrémistes de la mouvance anarchiste.

Ainsi, dans une tribune libre publiée dernièrement par le journal Le Temps, le conseiller national écologiste Patrice Mugny appelait le mouvement à ne plus être complice des violents: «les casseurs ne sont pas nos alliés, ils nous utilisent».

Mais Olivier de Marcellus, de l’Action populaire contre la mondialisation, estime qu’il ne faut pas d’emblée exclure les plus radicaux du mouvement. «Nous devons dialoguer avec eux, affirme-t-il. Ce ne sont pas forcément des casseurs sans cervelles».

Et d’ajouter: «certains commencent d’ailleurs à comprendre que leurs actions sont récupérées par la police qui cherche ainsi à criminaliser le mouvement antiglobalisation».

Des dizaines d’interpellations

Quoi qu’il en soit, à Bâle, lundi soir, certains manifestants ont brisé les fenêtres d’une succursale de l’UBS. Et la police a dû utiliser des balles en caoutchouc pour disperser un groupe de protestataires qui tentait de bloquer la circulation des trams. Au total, les forces de l’ordre ont interpellé 40 personnes.

En revanche, à Lucerne, une centaine de manifestants ont participé à un défilé similaire. Et là, aucun incident notable n’a été signalé.

Frederic Burnand

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