Le Big Mountain Pro a dévalé les Alpes
Du 1er au 11 mars, 17 skieurs et snowboarders, parmi les meilleurs freeriders au monde, ont sillonné les Alpes à la recherche de la montagne idéale et de la meilleure neige.
En dépit d’une météo difficile, ce concept novateur qui mélange plusieurs disciplines a énormément plu aux athlètes. Il devrait être reconduit l’an prochain.
«Je me suis fait super plaisir! En commençant mon run avec un front flip, j’ai démarré technique. Je suis ensuite parti sur une petite traverse et j’ai ridé dans la poudreuse, le cœur du poulet, la pulpe, le fruit…» Le Valaisan Jonas Emery a beau être encore essoufflé de sa descente freeride, il a déjà le langage imagé.
Nous sommes au pied de la face sud-ouest du Parrain, un sommet du val de Bagnes qui marie barres rocheuses et couloirs poudreux. Il fait grand beau en ce vendredi 9 mars. Héliporté à l’aube, le jeune snowboarder a dévalé la pente vierge en compétition. Il est l’un des 17 «riders» exclusivement masculins du ‘O’Neill Big Mountain Pro by Swatch’.
Aussi un événement ‘image’
«Nous voulions aller chercher la bonne montagne avec de la neige fraîche et les meilleures conditions météos possibles», explique Nicolas Hale-Wood.
Organisateur du sédentaire Xtreme de Verbier, c’est lui qui a imaginé ce concept itinérant. Son objectif: disputer, sur des faces vierges, des compétitions dûment encadrées par des guides, filmées par des hélicoptères et attentivement observées par une poignée de journalistes spécialisés.
Les évolutions des riders sont abondamment relayées sur le site internet officiel par des communiqués, des photos et des vidéos. L’événement ‘image’ va aussi être la source de films et de DVD conçus pour inonder les stations.
Au hasard de la météo
Chaque jour ou presque, la compétition se déplace dans les Alpes, au hasard de la météo. Les organisateurs annoncent le soir à quel endroit le convoi de 60 personnes se rend le lendemain. Le Big Mountain Pro a ainsi sillonné les Alpes entre le 1er et le 10 mars dernier, avec les meilleurs spécialistes mondiaux de la discipline.
Avec 9 skieurs et 8 snowboarders, la caravane est passé de Laax, en Suisse, à Innsbruck (Autriche), via Courmayeur (Italie), Chamonix (France), Champéry et Verbier (Suisse).
Mais, à l’image de la saison, les mauvaises conditions météo qui ont régné sur les Alpes n’ont pas facilité le travail des organisateurs. Seules trois manches ont pu être lancées sur des faces vierges. Le 9 mars, les deux dernières se sont déroulées sur les hauts de Verbier. Permettant de boucler in extremis le programme de compétition.
«Tout s’est bien passé, il n’y a pas eu de blessés. Nous avions choisi une face peu exposée pour réduire les risques d’avalanche», témoignait le guide Jean-Yves Michelod.
60’000 euros de primes
Le classement final a été jugé à Innsbruck sur la base de vidéos. Ce sont les athlètes eux-mêmes qui ont officié comme juges, distribuant 60’000 euros de primes.
Deux podiums étaient prévus: un pour les skieurs et un pour les snowboarders. Le premier a récompensé l’incroyable Suédois Kaj Zackrisson, vainqueur de l’Xtreme de Verbier 2006, devant l’Américain Cody Townsend et le Français Seb Michaud.
«C’est génial de participer à ce genre d’événements. Les disciplines et les âges sont mélangés. Je souhaite que ça se fasse de plus en plus», a déclaré ce dernier. Chez les snowboarders, c’est le Français Xavier De Le Rue, qui l’emporte devant le légendaire américain Jeremy Jones et le Suisse Cyril Néri, double vainqueur de l’Xtreme de Verbier.
Un champion «overall» a également été nommé en la personne de Xavier De Le Rue. Malgré deux dents cassées sur les pistes lors d’un simple transport de matériel, le triple champion du monde de boardercross a allié fluidité et sauts vertigineux. Il a été logiquement récompensé par ses pairs.
Rebelote l’an prochain
Jeremy Jones, la star du snowboard américain, a déclaré avoir trouvé «le concept très amusant. J’ai adoré rider avec un grand groupe. Ça change de mes séances de photos habituelles, où je ne me déplace qu’avec deux ou trois personnes. Les organisateurs ont fait un boulot incroyable.»
Touchés par l’hommage, Nicolas Hale-Wood et sa petite équipe ont décidé de remettre ça l’année prochaine. «Pour une première, il n’y a pas eu de gros problèmes. C’est bon signe. Si la météo nous sourit l’année prochaine, cet événement va devenir très intéressant.»
Si cette formule unique se pérennise, elle marquera un pas supplémentaire dans la recherche permanente d’un nouveau format pour les compétitions freeride. En attendant, les organisateurs et les athlètes se préparent pour la compétition reine, l’Xtreme de Verbier, qui doit avoir lieu le 24 mars prochain.
Verbier, swissinfo Pierre-Antoine Preti/30 Degrés magazine
La discipline dite du ‘big mountain’ est la tendance du moment en matière de ski hors piste.
Alors que le ‘freeride’, pratiqué à l’Xtreme de Verbier, favorise une pente plutôt raide et mal pavée, le ‘big mountain’ se pratique sur des faces rapides et plus ouvertes.
Ces spécificités techniques permettent le rapprochement des deux disciplines reines des nouvelles glisses: le ‘freestyle’ et le ‘freeride’ trouvent ici un terrain d’entente.
Les freestylers profitent des possibilités de vitesse pour effectuer des sauts acrobatiques dont ils ont le secret, tandis que les freeriders, qui lisent la montagne comme personne, sautent les grandes falaises et se régalent entre roches et couloirs.
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