Le Brésil et l’Italie, ces oubliés de luxe
L'ancien footballeur et journaliste, Norbert Eschmann, voit le Brésil et l'Italie déjouer les pronostics pour cette Coupe du monde 2002.
«Le Brésil et l’Italie pourraient bien surprendre tout le monde, commente Norbert Eschmann, parce que la plupart des spécialistes ont ( trop vite) enterré le Brésil, de par le fait que la Seleçao n’a jamais éprouvé autant de peine à se qualifier pour une phase finale de Coupe du monde.»
Et l’ancien international helvétique de poursuivre: «le Brésil comme l’Italie – vous allez voir – vont créer d’énormes problèmes aux présumés favoris que sont l’Argentine et la France, tenante du titre».
Une mine de grands joueurs
C’est bien simple, «quand vous pouvez vous passer de cracks comme Jardel, meilleur buteur européen, Elber (Bayern Munich), Amoroso (Borussia Dortmund) et Anderson, champion de France avec Lyon, c’est que vous possédez des titulaires d’une dimension planétaire, non?»
En effet, le secteur offensif du Brésil est composé de Ronaldo (Inter Milan), Rivaldo (FC Barcelone) et Ronaldinho (Paris-St-Germain). Sans parler du deuxième meilleur buteur brésilien de tous les temps, Romario, qui a failli être rappelé dans le contingent brésilien.
«Je vois aussi l’Italie, renchérit Norbert Eschmann, parce que c’est une nation qui jouit d’une expérience sans pareille dans les grandes compétitions.»
La Squadra Azzura a toujours su gérer une phase finale, en s’économisant au début pour monter en puissance au fil du tournoi. Sans parler de ses talents hors classe, Totti et Del Piero.
«Sinon, poursuit Norbert Eschmann, je sens les Français et les Argentins beaucoup plus faibles qu’on ne le pense en défense. Ce que les Français ont gagné en attaque, ils l’ont perdu en défense. Alors que les Argentins sont surtout excellents lorsqu’ils sont en possession du ballon.»
La plus violente Coupe du monde
Souvenirs: Norbert Eschmann avait disputé la Coupe du monde 1962 au Chili. Et à l’instar de Pelé, il fut proprement descendu par l’Allemand Szymaniak après 12 minutes de jeu (Allemagne-Suisse 2-1) Diagnostic: fracture du péroné et fissure au tibia.
Or, bien que la Suisse ait évincé la Suède, vice-championne du monde 1958, en éliminatoires pour le Chili, elle n’en fut pas moins rapidement évincée en phase finale par le Chili (3-1) et l’Italie (3-0).
Mais, surtout, ce «Mundial» chilien fut entaché du jeu le plus violent et irrégulier de toute l’histoire de la Coupe du monde, selon Norbert Eschmann.
Heureux corollaire: à partir de 1962, les dirigeants de la FIFA ont introduit la permission de remplacer un joueur blessé, afin que l’équipe prétéritée ne soit plus contrainte d’évoluer en infériorité numérique.
«Mais, critique Norbert Eschmann, je crains que ce Mondial au Japon et en Corée du Sud soit une copie conforme de celui de 1962 au Chili.»
«Car j’ai le sentiment que, ces derniers temps, les dirigeants de la FIFA se sont davantage préoccupés de politique que de jeu. J’en veux pour preuve les fréquents tiraillements de maillots non sifflés par les arbitres durant les derniers matches de préparation.»
Premier vol pour Santiago
Reste que, mis à part son séjour dans un hôpital de Santiago de Chili, Norbert Eschmann garde le souvenir privilégié d’avoir effectué le premier vol avec Swissair pour le Chili. C’était dans un Cornorado.
«Je me souviens que nous avions dû nous poser d’urgence à Buenos Aires pour changer les amortisseurs de l’avion. Et, à cause de cet incident, nous avions été retenus deux jours de plus en Argentine.»
swissinfo/Emmanuel Manzi
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