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Le football suisse fait fausse route

L'Italien Gian Paolo Bonora (à droite) avec Georges Sandoz, président du conseil d'administration de la nouvelle société de Xamax. Keystone

Le football suisse est malade. Et les tergiversations «xamaxiennes» qui continuent avec le «sauveur» italien Gian Carlo Bonora ne sont en vérité qu'un arbre qui cache la forêt. Car, à force de vouloir s'identifier à ses richissimes voisins européens, le football national a perdu son âme.

Gian Carlo Bonora règnera-t-il en terres neuchâteloises comme le font Gilbert Kadji à Sion, Waldemar Kita à Lausanne ou Canal+ à Genève?

Les multiples rebondissements du week-end n’avaient toujours pas trouvé leur épilogue lundi après-midi. Soi-disant excédé par l’amateurisme des dirigeants du club xamaxien qui ont eu l’outrecuidance d’exiger une garantie financière, l’industriel italien s’était retiré des négociations dimanche.

Mais nouveau coup de théâtre, une conversation téléphonique avec le président du Conseil d’administration de Neuchâtel/Xamax SA, Georges Sandoz, le rendait à de meilleurs sentiments. Cependant, les chances de conclure un accord restent infimes.

«Heureusement pour Xamax et heureusement pour le football suisse», lâche Norbert Eschmann, ancien international et journaliste, qui ne mâche pas ses mots. «Si Gian Carlo Bonora était un grand dirigeant cela se saurait depuis longtemps, et s’il avait de l’argent, il investirait dans le football italien. J’espère sincèrement que Xamax va désormais trouver une solution adaptée à notre pays».

Au-delà du cas particulier, les problèmes financiers que les dirigeants des rouges et noirs devront affronter sont emblématiques du football suisse. Car même s’il reste le sport national numéro 1, le ballon rond ne draine plus ni le public ni les investisseurs.

La Suisse n’est pas l’Espagne, l’Italie ou la France. La grenouille ne peut pas devenir un bœuf. La fuite en avant devra bien s’arrêter un jour ou l’autre. A viser l’immédiateté des résultats par de spectaculaires et onéreux transferts, véritable miroir aux alouettes, la majorité des trésoreries des clubs de LNA crient famine.

«Ces gens sans trop d’envergure qui viennent rôder dans le football suisse en grands donneurs de leçons nous prennent un peu pour des ploucs, ajoute encore Norbert Eschmann. Ils modifient l’identité de notre football. Nous devons désormais prendre exemple sur des pays comme la Norvège, le Danemark ou la Suède».

Mais aura-t-on le courage de faire machine arrière et revenir au semi-professionnalisme et à la formation? Les clubs romands de l’élite, comme la plupart de ceux d’outre-Sarine, n’auront peut-être bientôt plus le choix.

Mathias Froidevaux

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