Le gouvernement sud-africain fait la sourde oreille
Les Sud-Africains ont des raisons de vouloir rouvrir les dossiers de l'histoire avec la Suisse. Mais leur gouvernement n'est pas chaud.
Certains Sud-Africains dénoncent les relations économiques qui liaient les banques helvétiques au régime blanc de l’apartheid. D’autres voudraient en savoir plus sur la coopération entre les services du docteur Basson (l’ancien patron du programme de recherche biologique et chimique) et la Suisse.
Le débat n’est pas nouveau
Le débat a été lancé en 1999 par des membres de la Commission Réconciliation et Vérité. Qui tentaient de faire la lumière sur les responsabilités internationales vis-à-vis de l’apartheid.
Il a été relancé dans le cadre de la conférence sur le racisme qui s’est tenue à Durban en septembre. L’association Jubilee 2000 – une coalition d’activistes soutenue par les églises et les syndicats – avait alors tout fait pour que le gouvernement sud-africain fasse pression sur la Suisse.
Désormais, Jubilee 2000 menace même de saisir la justice américaine. Elle aimerait bien lancer une plainte collective contre la Suisse, sur le modèle des «class action» de l’affaire des fonds juifs en déshérence.
Ses membres affirment avoir de nombreux alliés au sein du Parlement fédéral suisse. Ils espèrent obtenir des aides pour les victimes du passé. Ils réclament également que la dette, contractée «injustement» dans les années 80, soit annulée.
La Suisse n’est pas seule
Mais le gouvernement sud-africain fait la sourde oreille. En d’autres termes, il ne soutient pas les revendications de ces citoyens-là.
Pour l’instant, le gouvernement de Thabo Mbeki se refuse à sortir un quelconque cadavre du placard. L’ouverture des archives militaires sud-africaines demeure problématique. D’autant plus que la Suisse n’est pas seule.
L’embargo imposé dans les années 80 par les Nations Unies contre le régime blanc pour «crime contre l’humanité» n’était pas non plus respecté par de nombreuses entreprises anglaises, allemandes ou américaines.
Les autorités de Pretoria craignent, sans doute, qu’une enquête suisse débouche sur l’ouverture d’autres dossiers.
swissinfo/ Caroline Dumay, Le Cap
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