Le plaidoyer de la fille d’Ytzahk Rabin
Dalia Rabin Pelossof, vice-ministre israélien de la Défense, demande des explications à la Suisse. Sur une éventuelle modification de la coopération militaire.
«Si la Suisse devait modifier les modalités de sa coopération militaire avec Israël cela donnerait l’impression aux Palestiniens d’avoir remporté une victoire», lance un brin irritée la fille d’Ytzahk Rabin, l’ancien Premier ministre israélien assassiné.
Et d’ajouter: «la Suisse ne doit pas oublier qui a provoqué la situation actuelle». La vice-ministre israélienne de la Défense a fait le voyage de Berne jeudi pour tenter de convaincre les autorités helvétiques.
Commandes militaires respectées
Dalia Rabin Pelossof voulait obtenir des éclaircissements sur la menace de réévaluation des relations militaires et commerciales entre la Suisse et Israël, confirme Philippe Welti, chef de la politique de sécurité au ministère suisse de la Défense.
Lors d’un entretien de trois heures, le diplomate suisse a donc précisé à la vice-ministre israélienne de la Défense la position du gouvernement helvétique: les commandes militaires déjà passées seront respectées.
Quant aux futures commandes, la Suisse se réserve le droit de les limiter, si le conflit israélo-palestinien devait perdurer.
Selon Philippe Welti, Dalia Rabin Pelossof a fait remarquer que la Suisse était le seul pays à réagir de la sorte. Ce qu’a démenti catégoriquement le diplomate suisse en précisant que d’autres Etats envisageaient de telles mesures.
Philippe Welti a également rappelé à son interlocutrice la position la Suisse à l’égard de ce conflit. Et l’importance toute particulière qu’elle accorde au respect du droit humanitaire.
Soutien à la mission sur Jénine
Un message clair qu’a répété le secrétaire d’Etat Franz von Däniken lors de son entrevue avec la vice-ministre israélienne. Le haut fonctionnaire du ministère suisse des Affaires étrangères a également souligné les efforts entrepris par la Suisse dans ce domaine.
Berne cherche en effet à convaincre les quatre parrains du processus de paix (Russie, Etats-Unis, ONU et UE) de placer au premier rang de leur démarche le respect du droit humanitaire international.
A cet égard, la mission d’enquête sur Jénine – décidée par le Conseil de sécurité de l’ONU – fait figure de test aux yeux de Berne.
D’ailleurs, Franz von Däniken a rappelé à la vice-ministre de la Défense le soutien que la Suisse apporte à cette mission qui devrait se rendre en Israël samedi. Selon des diplomates, cette mission ne serait pas reportée.
L’ONU a décidé d’ajouter deux militaires à son équipe chargée de faire toute la lumière sur les évènements du camp palestinien de Jénine. Il s’agit de généraux qui seront chargés d’assister l’ancien général américain William Nash.
swissinfo/Frédéric Burnand
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