La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Les jeunes médecins dans la rue

Manifestation, ce jeudi, devant le Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne Keystone

Plus de 3000 médecins assistants ont manifesté jeudi dans une vingtaine de villes de Suisse contre la limitation des ouvertures de nouveaux cabinets.

Arborant des pièces de vêtements rouges en guise de cri d’alarme, les jeunes médecins se sont vivement opposés au projet du s Département de l’intérieur de Ruth Dreifuss de bloquer durant trois s ans toute ouverture de nouveaux cabinets médicaux.

«Nous ne sommes pas prêts à faire les frais des erreurs en matière de politique de la santé», ont-ils répété.

Forte affluence à Genève

Les plus grands rassemblements ont eu lieu en Suisse romande. Près de 400 médecins ont manifesté en fin d’après-midi sur la Place de la Riponne à Lausanne. «Médecin jetable» ou «Médecine en déRuth», pouvait-on lire sur des banderoles de praticiens en blouses blanches ou vertes.

La manifestation a réuni les sections romandes de l’Association des médecins-assistants et chefs de clinique suisse (ASMAC) et d’autres sympathisants du monde de la santé.

A Genève, le mouvement de contestation a réuni en début d’après-midi entre 1000 et 1500 personnes selon les organisateurs, 700 selon la police. Le cortège est parti de l’Hôpital cantonal avant de traverser la ville.

«Notre objectif consiste à sensibiliser les directeurs sanitaires cantonaux. Car en fin de compte, ils seront les exécutants de la décision fédérale», a déclaré Mitsuko Kondo, présidente de l’Association des médecins d’institution de Genève.

Dans toute la Suisse romande

D’autres actions ont été menées dans ailleurs en Suisse romande. A Fribourg, les médecins assistants et de clinique ont organisé une grève d’une heure. Ils se sont aussi brièvement rassemblés devant l’Hôpital cantonal.

En Valais, les médecins assistants de tous les hôpitaux ont débrayé de midi à 15h00.

A Delémont, les jeunes praticiens ont cessé leur travail pendant une demi-heure. Des manifestations ont également eu lieu à l’hôpital de La Chaux-de-Fonds et à celui des Cadolles à Neuchâtel.

En Suisse alémanique aussi

Le mouvement a également été largement suivi en Suisse alémanique. Mais les actions de débrayage ont été moins spectaculaires.

A St-Gall, Zurich, Lucerne, à Bâle et à Berne, les praticiens ont débrayé une demi-heure pendant leur pause de midi. Au Tessin, l’action de protestation aura lieu le 14 juillet.

Des signatures ont été récoltées à travers toute la Suisse et remises à Berne par une délégation de l’ASMAC à un représentant du Département de l’intérieur.

Lors d’une conférence de presse nationale dans la Ville fédérale, le vice-président de l’ASMAC Peter Studer s’est vivement attaqué à l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS). Le projet visant à limiter l’ouverture des cabinets repose sur des chiffres anciens et faux, a-t-il affirmé.

Mesure anticonstitutionnelle

L’action a aussi reçu le soutien de la Fédération des médecins suisses (FMH) qui estime que cette mesure occasionnera un «engorgement» des postes de formation dans les hôpitaux. «La clause du besoin» équivaudra à priver des médecins spécialistes du droit d’exercer après de très longues années de formation.

Trois professeurs d’université genevois ont même qualifié cette mesure d’anticonstitutionnelle. Pierre Dayer, président du collège des chefs de services de l’hôpital de Genève, le doyen de la faculté de médecine Peter Suter et de droit Andreas Auer ont déclaré que la «clause du besoin» était contraire à la constitution fédérale qui garantit la liberté économique.

Le Conseil fédéral doit encore se prononcer sur cette mesure avant la pause estivale. Depuis l’annonce du projet de restriction, les demandes d’ouvertures de cabinets ont fortement augmenté.

L’assemblée des délégués de l’ASMAC décidera samedi de la façon dont elle entend poursuivre son action de protestation.

swissinfo avec les agences

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision