Les joueurs de Sion ne baissent pas les bras
Privé de la moitié des points acquis sur le terrain par la Ligue nationale, le FC Sion paie cash la gestion financière aléatoire de ses dirigeants. Dégoûtés, les joueurs du club ont pourtant choisi de ne pas baisser les bras. L'honneur et le coeur contre les vicissitudes administratives.
Sept points en moins. La sanction «sportive» infligée, tard mercredi soir, par la commission disciplinaire de la Ligue nationale suisse de football au FC Sion – pour non-respect des charges définies lors de l’attribution des licences – fait couler beaucoup d’encre.
Le protêt bâlois
Elle est l’aboutissement d’un protêt déposé par les dirigeants du FC Bâle en début de saison. Fessé 8 à 1 par les Valaisans, et informé «malencontreusement», par Peter Treyer (président de la Commission d’attribution des licences) le club rhénan accuse le FC Sion de n’avoir pu présenter la garantie bancaire de 1,2 millions exigée. Ironie du sort, les sept points retirés au compteur sédunois permettent au FC Bâle de se retrouver, provisoirement du moins, au-dessus de la barre.
Aujourd’hui, le petit monde suisse du ballon rond est sans dessus-dessous. Cette décision, toute helvétique, de faire payer aux joueurs une gestion aléatoire du club fera-t-elle jurisprudence?
Les Romands boucs émissaires ?
Elle a, en tous les cas, le don de raviver de vieilles querelles qui font des clubs romands de perpétuels boucs émissaires. Et des équipes suisses alémaniques, les sempiternelles «chouchous» des organes dirigeants du football suisse.
Force est de reconnaître que beaucoup d’autres clubs du pays se trouvent dans des situations financières tout aussi délicates et que rien ne semble devoir leur arriver dans un futur proche.
«Nous ne pouvions pas faire autrement pour mettre les dirigeants sous pressions, se défend dans la presse Jean-François Kurz, le président de la Ligue. D’ailleurs, certains joueurs du club valaisan nous ont demandé d’agir et ce verdict sert leurs intérêts.»
L’honneur valaisan
Héroïques sur le terrain depuis le début de la saison, les joueurs sédunois ont reçu un véritable coup de massue sur l’occiput. Une baffe magistrale qui les condamne presque inévitablement au tour contre la relégation. Et ce alors qu’ils se voyaient déjà jouer les trouble-fête parmi les grosses cylindrées du championnat, en quête du sacre. L’euphorie a fait place au dégoût. Et vendredi, l’entraînement du matin a été supprimé au profit d’une séance de crise.
«Les joueurs avaient des attentes auxquelles le président Kadji a répondu. De ce fait, le groupe s’est entraîné normalement et il sera à Saint-Gall dimanche, contrairement aux rumeurs de grève qui circulaient. Nous sommes comme une bête blessée qui doit se battre pour sa survie. Nous vivons cette décision comme une injustice puisque les plans sportif et administratif ont été mélangés, mais nous espérons encore que cette sanction ne soit pas appliquée», confirme Laurent Roussey, l’entraîneur valaisan
Pour l’instant donc, l’espoir demeure. Infime. L’instance de recours, saisie par les dirigeants sédunois vendredi soir, devra désormais se prononcer sur l’application définitive de la sanction. Gilbert Kadji, le président camerounais du club valaisan, jure ses grands dieux que la garantie bancaire exigée a été présentée dans les délais. Pour lui, aucun élément ne permet aujourd’hui d’enlever ces sept points.
Affaire à suivre.
Mathias Froidevaux
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