Les millions de la corruption brésilienne sont passés par Genève
Paulo Maluf, ancien maire de Sao Paulo et ancien candidat aux élections présidentielles brésiliennes, possédaient jusqu'en 1997 200 à 300 millions de dollars sur des comptes à Genève. L'intéressé dément et la justice du Brésil n'a pas encore adressé de commissions rogatoires en Suisse.
Le blanchiment d’argent relève-t-il de la culture? Les Latins, Français, Italiens, Portugais et donc Brésiliens préfèrent dissimuler leur argent sur les bords du lac Léman. En revanche, les Germaniques louchent davantage vers le Luxembourg. Les découvertes récentes de la justice genevoise viennent conforter cette tendance.
Des comptes à la City Bank
Le Palais de justice de la place du Bourg de Four à Genève possède une documentation bancaire qui serait assez compromettante pour l’homme politique brésilien. Il aurait détenu à partir de 1985 des comptes à la City Bank à Genève, utilisant pour ses transferts d’argent deux sociétés, Diamant Bleu et Rubis Bleu, comme l’a révélé La Tribune de Genève.
En 1997, alors que la lutte contre le blanchiment d’argent se renforce en Suisse, Paulo Maluf et ses enfants préfèrent transférer leurs «économies» dans un vrai paradis fiscal, l’île anglo-normande de Jersey, où l’argent a d’ailleurs été bloqué. Ce n’est pas la justice brésilienne, mais bien la City Bank qui a levé le lièvre.
Considérant que ces transferts d’argent étaient douteux, la banque a préféré alerter le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent à Berne.
Aucun juge d’instruction désigné
Pour l’instant, le dossier est géré par le procureur genevois Jean-Louis Crochet. Mais aucun juge d’instruction n’a encore été désigné. En effet, Paulo Maluf ne fait actuellement l’objet d’aucune poursuite judiciaire dans son pays.
Les premières investigations s’orienteraient en particulier vers Flavio Maluf, le fils aîné de l’ancien maire de Sao Paulo, la plus grande ville d’Amérique du Sud.
Aux dernières élections municipales, qu’il a d’ailleurs perdu, Paulo Maluf affichait sur les murs de la ville un slogan sans ambiguïté : «Il vole, mais il a beaucoup accompli».
Ian Hamel
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