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Les parlements, grands absents de la mondialisation

Les grandes options se prennent ailleurs que dans les parlements. Keystone

Les Forums de Davos et Porto Alegre, chacun à leur façon, ont posé la question de la légitimité des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans une société mondialisée. Un constat: les parlements sont hors-jeu.

Invité mardi, à Genève, au Club suisse de la presse, le secrétaire général de l’Union interparlementaire ne fait pas mystère de ses préoccupations quand on lui parle de mondialisation.

«Aujourd’hui, lance le Suédois Anders B. Johnsson, de nombreuses décisions qui ont des répercussions importantes sur la vie des gens échappent totalement au contrôle de ceux qu’ils ont élus.»

Les grandes options se prennent ailleurs que dans les parlements. C’est-à-dire dans les institutions internationales et dans les négociations commerciales. Pour A.Johnsson, ce manque de transparence est inacceptable: «On ne peut pas continuer comme ça». Et d’ajouter qu’il est grand temps d’imaginer une assemblée mondiale parlementaire qui servirait de relais entre les uns et les autres.

La Genevoise Françoise Saudan, qui préside cette année la Chambre des cantons du Parlement fédéral, va dans le même sens. Mais elle s’interroge plus directement sur la responsabilité du monde politique.

«Ce qui s’est passé à Davos ou à Porto Alegre n’a pas plus de légitimité dans un endroit que dans un autre, affirme-t-elle. Qu’avons-nous donc fait de mal, nous autres les politiques, pour perdre ainsi notre crédibilité et notre place au profit de personnalités non élues?»

La faiblesse de la représentation et de l’efficacité parlementaire dans le débat international n’est pas la seule inquiétude de la députée radicale. Françoise Saudan se demande aussi comment l’on peut mettre en place, au niveau planétaire, les conditions d’une démocratie durable.

Pour elle, il y a un gigantesque fossé entre les pays où les processus démocratiques sont entrés dans les mœurs et ceux où ils sont encore en train de se mettre en place. Si l’on prend l’exemple des politiques agricoles, dit-elle, il est évident que «les paysans d’Amérique latine ne sont pas allés manifester à Seattle pour les mêmes raisons que les paysans européens».

Sur le chemin qui pourrait mener à une meilleure concertation des parlements du monde et à leur réelle implication dans les débats de fond sur les conséquences de la mondialisation, Anders B. Johnsson, lui, craint la multiplication d’interlocuteurs, d’organismes et de structures: «On risque d’arriver à un cafouillage mondial».

Mais quelle que soit la forme de ce parlement mondial, la condition sine qua non pour le retour des politiques sur le devant de la scène, c’est qu’ils se rapprochent des préoccupations quotidiennes des populations. Et, pour reprendre l’expression d’un ministre sud-africain cité par Françoise Saudan, qu’ils retrouvent «la responsabilité de la chose publique et le sens du mot service».

Bernard Weissbrodt

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