Les relations se détériorent entre la Suisse et le Liechtenstein
La visite, ce lundi, à Vaduz, du ministre suisse des Affaires étrangères, Joseph Deiss, ne sera pas que de courtoisie. Berne reproche à la principauté de ne rien faire contre le blanchiment de capitaux.
La visite, ce lundi, à Vaduz, du ministre suisse des Affaires étrangères, Joseph Deiss, ne sera pas que de courtoisie. Berne reproche à la principauté de ne rien faire contre le blanchiment de capitaux.
Depuis novembre, le plus petit pays de l’Espace Economique Européen est montré du doigt. Les services secrets allemands, d’abord, ont accusé en novembre le Liechtenstein d’accueillir sans retenue l’argent des mafias russes, siciliennes ou colombiennes. L’hebdomadaire «Spiegel» fait état d’un rapport d’une trentaine de pages remis aux autorités de Vaduz.
La semaine dernière, c’était au tour d’une mission parlementaire française de dénoncer l’absence de transparence de la principauté. Lundi prochain, Joseph Deiss compte mettre l’accent sur l’entraide judiciaire quasi inexistante entre les deux pays.
Un exemple? Vaduz n’avait jamais répondu jusqu’alors aux dix commissions rogatoires adressées par Genève dans le cadre de l’affaire Elf. Exceptionnellement, le jeudi 20 janvier, Norbert Marxer, le chef du service juridique du gouvernement, a annoncé que la principauté allait bloquer «en urgence» plusieurs comptes bancaires liés au rachat par Elf de la raffinerie allemande Leuna.
Alors que la Suisse ne cesse de se rapprocher des standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, les 13 banques de Vaduz continuent d’accueillir des fonds sans en connaître la provenance. De plus, le pays abrite 70 000 sociétés-écrans qui ne communiquent même pas les noms de leurs administrateurs.
Enfin, Kurt Spietzer, le procureur autrichien chargé par le gouvernement du Liechtenstein de faire toute la lumière sur les accusations des services secrets allemands, s’apprête à enterrer le dossier, alléguant «le manque de preuves». Le prince Hans-Adam II a déjà déclaré qu’il n’y avait pas de cas de blanchiment dans son pays.
Malgré tout, ces attaques répétées contre le Liechtenstein ne sont pas restées sans conséquences. Le gouvernement de Vaduz vient en effet de décider d’améliorer sa législation en matière d’entraide judiciaire. Dorénavant, la principauté ne réclamera plus une décision de justice pour répondre à une demande de blocage des comptes par un juge étranger. Cette modification doit toutefois encore être débattue au Parlement en avril prochain.
Ian Hamel
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