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Melbourne: Jennifer Capriati, dernier obstacle de Martina Hingis

Malgré sa rage de vaincre, Jennifer Capriati aura une tâche délicate. Keystone

Inédite, la finale féminine des Internationaux d'Australie mettra samedi (3 h 30 suisses) aux prises une grande favorite, Martina Hingis, et une outsider qui effectue un retour au tout premier plan, Jennifer Capriati.

Parmi les nombreux scénarios envisagés, personne n’avait songé à une telle affiche. Martina Hingis en finale de ce tournoi du Grand Chelem où elle se sent le plus à l’aise, rien de bien surprenant. Tout le contraire de Jennifer Capriati.

Malgré ses 24 ans, la 14e joueuse mondiale se hisse enfin à ce stade, dans une carrière déjà si longue, et jalonnée par tant de promesses inachevées et de profondes désillusions, tant au niveau sportif qu’au niveau privé.

Jennifer Capriati, c’est l’histoire de l’enfant prodige new-yorkais qui a débarqué sur le circuit professionnel à l’âge de 13 ans, en 1990, à une époque où la classe-biberon ne s’illustrait pas encore aussi rapidement.

En 1991, elle atteint les demi-finales de l’US Open, laissant filer pour deux points (contre Monica Seles) sa qualification. Elle termine la saison au 6e rang mondial. Un an après, nouveau coup d’éclat aux Jeux Olympiques de Barcelone avec une médaille d’or.

Mais poussée depuis sa tendre enfance par son père Stefano, qui s’était mis en tête d’en faire une championne, elle va craquer. Se sabordant, lassée du tennis et devenant l’exemple à ne pas suivre d’une déchéance précoce.

Ses démêlés avec la police pour consommation de drogue et vols à l’étalage vont la mener en enfer. Vers 1997, la traversée du désert se termine, Jennifer Capriati veut encore croire au tennis. «Je savais que ce n’était qu’une question de temps, de patience, répète-t-elle à Melbourne».

L’an dernier, elle fait son retour dans la cour des grandes, atteignant les demi-finales en Australie et courbant l’échine devant Lindsay Davenport. Douze mois après, la revanche est parfaite. Même Martina Hingis s’en méfie. «Elle vient d’éliminer Monica Seles et Lindsay Davenport, ce qu’elle n’avait jamais réussi auparavant en Grand Chelem».

Signe d’une maturité retrouvée, Martina Hingis ne snobera pas l’Américaine. Même si en cinq rencontres elle a toujours eu facilement le dernier mot, elle se souviendra de quelques cuisants échecs inattendus, notamment à Roland-Garros contre Iva Majoli (1997) ou Mary Pierce (2000).

Mais si la St-Galloise s’appuie sur le même tennis qu’elle distille depuis le début de l’année avec éclat, la tâche de Jennifer Capriati s’annonce extrêmement délicate. Sauf peut-être au service (où elle a pourtant progressé), la numéro un mondiale bénéficie de l’avantage dans tous les domaines.

Son degré de motivation de renouer avec une victoire en Grand Chelem n’est sans doute pas inférieur à celui de la New-Yorkaise d’enfin inscrire son nom au palmarès.

Jonathan Hirsch

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